Quand l’APR libérale de Macky Sall se met à l’école du Parti communiste chinois - Le360afrique.com

Quand l’APR libérale de Macky Sall se met à l’école du Parti communiste chinois

Mise à jour le 21/06/2016 à 15h56 Publié le 21/06/2016 à 15h47 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

APR Chine

une délégation du Parti communiste chinois reçue par l'APR de Macky Sall.

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#Politique

#Sénégal L’Alliance pour la République (APR) qui se réclame d’idéologie libérale veut s’inspirer de l’expérience du Parti communiste chinois (PCC). L’idée peut paraître bizarre mais pas incompréhensible, si l’on prend en compte l’orientation ultralibérale de la Chine et le passé militant de Macky Sall.

Beaucoup d’observateurs avaient fait le rapprochement entre la manière dont Macky Sall a conquis le pouvoir et la bonne vieille recette prodiguée par le vieux Timonier au siècle dernier.

Comme Mao Zedong, le président sénégalais avait adopté la stratégie de «l’encerclement des villes par les campagnes», en sillonnant la quasi-totalité des villages du Sénégal, pendant plus de deux ans, avant de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, et de triompher des barons de la classe politique sénégalaise.

Pour ceux qui s’en étonnent, il faudra leur rappeler que le jeune Macky Sall a d’abord été «trotskiste» avant de se reconvertir dans le libéralisme aux côtés d’Abdoulaye Wade.

Lors d’une rencontre d’échange entre des membres du PCC et de l’APR, hier, à Dakar, El Hadji Malick Sarr dit Luc, le conseiller politique du président Sall et membre du secrétariat exécutif national de l’APR, a reconnu que son mentor s’était inspiré de l’expérience du PCC pendant la dernière campagne.

«Macky Sall avait compris que pour conquérir le pouvoir, il fallait accorder une grande importance aux paysans. C’est pourquoi, il avait adopté la stratégie de l’encerclement des villes par les campagnes», explique Luc.

Selon ce dernier, à l’image de Mao et de ses partisans, Macky Sall a parcouru 80.000 km dans le monde rural et fait sienne cette philosophie qui voudrait qu’on puisse «vivre, boire et penser avec» les paysans pour connaître les vrais problèmes du pays. Mais aussi pour engranger des votes !

Si cette stratégie a montré toute son efficacité – l’APR a conquis le pouvoir en moins de quatre ans d’existence – il lui reste énormément à apprendre du PCC (qui souffle sa 67e bougie) en termes de structuration et de conservation du pouvoir.
«Entre la création de l’APR en décembre 2008 et son accession au pouvoir en mars 2012, l’intervalle n’est que de trois ans. Ce qui explique tous les problèmes de structuration et de mise en ordre de notre parti auxquelles nous sommes actuellement confrontés», explique Mor Ngom, ministre-conseiller du président Sall.

Xie Chuntao, membre de l’Ecole du PCC, à la tête de la délégation qui s’est déplacée à Dakar, a bien voulu livrer à ses hôtes une partie de la recette politique chinoise : «l’édification idéologique pour avoir le même objectif, une bonne organisation qui permet une grande cohésion des militants…».

Ce que le dirigeant chinois ne dit pas clairement c’est qu’il faut aussi une bonne dose d’autoritarisme, mais aussi des purges quand cela est nécessaire.

En revanche, il a bien voulu livrer une dernière recette secrète de la cuisine chinoise à savoir la tolérance zéro en matière de corruption. «La corruption est à la base de toute disparition de parti. Dans notre pays, l’argent public est sacré», met-il en garde.

Le résultat est trop connu : depuis 2012, plus de 170 cadres du PCC et 50 hauts gradés de l’armée chinoise ont été condamnés ou sanctionnés pour corruption.

Une recette salée mais nécessaire pour la bonne santé du système que l’APR ferait bien d’agiter longuement avant consommation. Pour éviter une mauvaise digestion, comme avec la CREI.

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