Portrait. Cinéma: qu’est-ce qui fait courir Daoud Aoulad-Syad? | www.le360.ma

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Daoud Oulad Sayed-la voix du désert
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Portrait. Cinéma: qu’est-ce qui fait courir Daoud Aoulad-Syad?

Par Abdelkader El-Aine le 12/08/2018 à 17h01 (mise à jour le 13/08/2018 à 15h22)

Le nouveau long métrage de Daoud Aoulad-Syad «Les voix du désert» est projeté dans les salles de cinéma du royaume. Portrait d’un artiste accompli doublé d’un intellectuel hors pair.

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La sortie de chaque œuvre de Daoud Aoulad-Syad est un événement. Et pour cause, le cinéaste, grand artiste s’il en est, fait partie d’une génération qui a permis -pour ainsi dire- le renouveau du cinéma marocain.

 

Faouzi Bensaïdi et Kamal Kamal, notamment, y ont aussi contribué largement (Là, excusez-nous, on parle de cinéma, de «vrai cinéma»- selon l’expression de Godard).

 

Le succès, s’il n’a pas (toujours) été aux guichets, il l’a néanmoins été au niveau de la critique. On passera outre cette assertion qui avance que les cinéastes marocains font des films plutôt pour les festivals (étrangers) que pour le grand public (marocain).

Mohamed Abderrahman Tazi avait montré la voie avec «A la recherche de ma femme» et démenti ces assertions.

 

Avec son nouveau film «Les voix du désert» (Klam Essahra), Daoud Oulad Sayed reste fidèle à la voie qu’il s’est tracé.

 

Son nouveau long métrage raconte l’histoire de trois personnages. Le premier a grandi dans un orphelinat et qui part à la recherche de ses géniteurs; le second est un habitant du Sahara qui attend impatiemment le retour de fils émigré; le troisième, une femme passionnée du patrimoine de la région».

 

«Ces personnages, qui n’ont aucune affinité familiale, vont se retrouver», dit le metteur en scène.

 

Pour les besoins de son œuvre, le réalisateur s’est entouré des acteurs Ahmed Chehima, Noureddine Saâdane, Wassila Sabhi et Hajar Chergui.

 

Daoud Oulad Sayed-la voix du désert-2
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Né en 1953 à Marrakech, Daoud Oulad Sayed est détenteur d’un doctorat en Sciences physiques (obtenu à l'Université de Nancy, France).

 

Il s’est épris de la photographie. Il compte ainsi à son actif trois livres en la matière : «Marocains» (1989), «Boujaâd, Espace et mémoire» (1996) et «Territoires de l'instant» avec Ahmed Bouanani, en 2000.

 

Le Septième Art l’a aussi ravi. Et il s’y adonne à cœur joie. Il réalise «Mémoire ocre», «Adieu Forain», «Entre l’absence et l’oubli», «Le Cheval de vent», «En attendant Pasolini»…

 

Nombreux sont ceux qui estiment que c’est sa rencontre avec le grand poète Ahmed Bouanani qui a influé sa vision de la photographie, de la culture, du cinéma, de l’Art tout court.

 

Mais pour ceux qui veulent le connaître vraiment, il faut absolument voir (et revoir) «Mémoire ocre», un véritable chef-d’œuvre, qui en dit plus long que tous les discours. 

 

«Avant tout, Daoud Aoulad-Syad est photographe. Son cinéma est un prolongement de son travail de photographe. Avec le sens du cadre et de la composition. Avec, aussi, ce sens de l’arrêt sur image qui traque les visages des anonymes, leurs gestes parfois étonnants, cette «poésie» du petit peuple et des petites gens qu’il est le seul, après tout, à avoir porté et emmené très haut, de film en film», témoigne, dans une déclaration à le360, notre chroniqueur, fin connaisseur du Septième Art et qui a beaucoup côtoyé le cinéaste, Karim Boukhari.