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Conjoncture: le plaidoyer de la CGEM devant la mission du FMI

Par Younès Tantaoui le 14/11/2017 à 11h30

Flexibilité des changes, arriérés de l’État, projet de Loi de finances, délais de paiement...Lors de sa réunion avec l’équipe du FMI qui était en mission au Maroc, le patronat marocain a dit tout ce qu’il pensait des dossiers chauds du moment. Résumé.

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La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) est favorable à l’introduction d’un régime de change flexible. C’est en tout cas ce qu’auraient déclaré ses représentants aux équipes du FMI qui ont effectué une mission au Maroc de fin octobre à début novembre courant.

 

Selon des sources informées, la CGEM a estimé devant le FMI que la flexibilisation des changes aura un impact positif sur la compétitivité, d’où son avis favorable. D’ailleurs, pour le patronat, les prérequis pour le passage au régime de change flexible sont réunis, notamment grâce au niveau actuel des réserves de change, la capacité des entreprises marocaines à gérer le risque de change et la solidité du secteur bancaire. Cependant, il n’est pas totalement exclu que des perturbations soient enregistrées sur les marchés, au moment du basculement vers le nouveau régime.

 

Cette position de la CGEM s’inscrit dans la même veine que celle de Bank Al-Maghrib et des pouvoirs qui s’étaient attardés plusieurs fois, ces derniers mois, sur la conjoncture favorable au passage progressif à un régime de change plus flexible.

 

Force est de remarquer que ce n’est pas là le seul point sur lequel la CGEM et les pouvoirs publics semblent alignés. Lors de cette réunion, qui entre dans le cadre de la revue annuelle des résultats économiques obtenus dans le cadre de la troisième ligne de précaution et de liquidité (LPL) dont bénéficie le Maroc, le patronat s’est clairement prononcé en faveur de l’abandon de la LPL.

 

Dans une récente sortie médiatique, le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid, avait plaidé pour l’abandon de la LPL à partir de juillet 2018, date d’échéance de la ligne actuelle d’un montant de 3,4 milliards de dollars. Rappelons à ce titre que le Maroc n’a jamais effectué de tirages sur les trois lignes obtenues du FMI alors qu’en parallèle, il a dû s’acquitter d’un coût de 120 millions de dirhams par an pour en bénéficier.

 

Sur un autre registre, lors de sa réunion avec la mission du FMI, le patronat a dressé un tableau peu reluisant de la conjoncture. D’après nos sources, la CGEM s’est particulièrement plainte des délais de paiement, notamment de ceux appliqués par les acheteurs publics. Ainsi, il a été fait mention du fait que la détérioration des finances publiques impacte significativement la situation des entreprises marocaines, en raison principalement des retards de paiement. D’ailleurs, cela aurait eu pour conséquence la multiplication du nombre de défaillances d’entreprises.

 

Plus globalement, la CGEM a déploré que le travail qui a été fait, sur le terrain, avec les pouvoirs publics pour résoudre le problème des délais de paiement tarde à porter ses fruits. De même, l’État traîne encore une ardoise substantielle liée à des arriérés qui, s’ils venaient à être apurés, insuffleraient indéniablement une nouvelle dynamique aux entreprises.

 

Évoquant le projet de Loi de finances 2018, la CGEM s’est par ailleurs dite satisfaite de l’introduction de quelques mesures positives, à l’instar de la progressivité de l’Impôt sur les sociétés. En revanche, elle a souligné que le projet de budget ne comporait pas de mesures permettant une relance de l’investissement ou de mieux lutter contre le chômage, en encourageant les entreprises à recruter via des avantages fiscaux ou sociaux.

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