Construction et gestion des autoroutes: pourquoi le privé ne se bouscule pas vraiment au portillon | www.le360.ma

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Autoroute Jorf Lasfar
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Construction et gestion des autoroutes: pourquoi le privé ne se bouscule pas vraiment au portillon

Par Younès Tantaoui le 07/06/2017 à 11h19

Annoncée comme une véritable opportunité pour accélérer le développement du réseau, l'implication du secteur privé dans la construction et l'exploitation des autoroutes semble finalement plutôt compliquée à concrétiser. Voici pourquoi.

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Impliquer le secteur privé dans les projets de réalisation des autoroutes et leur exploitation semble être une mission bien plus compliquée que prévu.

 

Lors du mandat de l’ancien ministre de tutelle, Aziz Rebbah, le département de l’équipement et du transport avait en effet lancé des études pour la réalisation d’au moins sept nouvelles autoroutes dans le cadre d’un partenariat public-privé. A cette époque, le secteur semblait constituer le terrain le plus propice à la concrétisation de la nouvelle vision des pouvoirs publics, à savoir celle basée sur la forte implication du privé dans le développement des projets d’infrastructures.

 

Quinze mois plus tard, les choses n’ont pas vraiment évolué comme le souhaitaient les pouvoirs publics.

 

Sept autoroutes au Maroc seront réalisées et exploitées par le privé

 

Selon nos informations, une difficulté majeure entrave ce projet. «Aujourd’hui, les opérateurs éventuellement intéressés sont découragés par le cycle long de rentabilisation des projets d’autoroutes au Maroc», nous explique une source informée. En effet, une autoroute n’est rentable au Maroc qu’après 20, voire 30 années d’exploitation. Et encore, certains axes ne le sont jamais.

 

Or, les opérateurs privés qui ont déjà participé à pareil projet dans d’autres pays sont habitués à des cycles bien plus courts, ne dépassant pas dans certains cas les 5 années. La différence à ce niveau s’explique principalement par les flux de véhicules qui transitent par les autoroutes et qui, au Maroc, sont nettement inférieurs à ce que connaissent d’autres pays, notamment en Europe.
Du coup, «à moins d’un système de subvention de la part de l’Etat, il parait difficile de les attirer sur le marché national et de leur promettre des bénéfices après quelques décennies», ajoute notre source.

 

Cette situation n’est certainement pas sans conséquence, puisqu’elle paralyse la capacité des pouvoirs publics à atteindre leurs objectifs en matière de développement du réseau des autoroutes. D’ailleurs, force est de constater que la société des Autoroutes du Maroc n’a plus d’objectifs concrets fixés par l’Etat. En cause, son ancien contrat-programme étant arrivé à terme il y a plus d’un an, la société n’a toujours pas pu en conclure un autre pour pouvoir réellement poursuivre le développement du réseau, les pouvoirs attendant vraisemblablement d'arrêter leur décision finale quant aux partenariats publics-privés dans ce secteur.