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Crédit habitat: la déduction des intérêts tourne au ralenti

Par Fayçal Ismaili le 17/03/2016 à 23h49 (mise à jour le 18/03/2016 à 00h48)

Kiosque360. Le montant annuel des déductions ne totalise que 300 millions de dirhams pour un encours de crédit acquéreur qui dépasse les 180 millions de dirhams. La faute aux petites entreprises qui se montrent peu diligentes pour faire profiter leurs salariés de cet avantage.

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La déduction des intérêts des crédits habitat est un cadeau fiscal qui profite peu aux particuliers, rapporte La Vie Eco dans son édition du 18 mars. L’ensemble des avantages de ce genre recensés en 2014 ne dépasse pas les 300 millions de dirhams. Par rapport à une production de crédits à l’habitat de 27 milliards de dirhams, accordés à plus de 81.000 emprunteurs, et un encours de 181 milliards de dirhams, le montant des déductions reste négligeable.

 

Il est vrai que l’ensemble des crédits acquéreur ne donne pas systématiquement droit à la déduction des intérêts. Celle-ci n’est en effet accessible que si le prêt finance une résidence principale. Mais cette barrière ne concerne que peu de monde dans la mesure où la majorité des particuliers emprunte dans ce dessein. D’après une récente enquête du ministère de l’Habitat, 79% du parc national de logement est à usage d’habitation principale.

 

Cette déduction est certes plafonnée à 10% du revenu global imposable, ce qui est de nature à limiter l’importance de ce cadeau. Plus le revenu des emprunteurs est bas, moins ceux-ci sont susceptibles d’en profiter du fait que leur plafond de déduction sera réduit. Les détenteurs de crédit acquéreur dont le revenu est inférieur à 4.000 dirhams représentent actuellement 40% des bénéficiaires des prêts. Ce qui signifie que le reste dispose de ressources plus importantes, avec un revenu d'à peine plus de 10.000 dirhams, pour un quart des détenteurs des crédits habitat, selon les données de Bank Al-Maghrib.

 

En règle générale, pour les salariés, ce sont les employeurs qui déduisent les intérêts à la source sur la base d’un ensemble de justificatifs. Mais ce traitement se fait de manière plus ou moins efficace selon la taille de l’entreprise. Les grandes entités s’y prennent facilement, mais les entreprises de moindre taille manquent de diligence pour garantir ce droit à leurs salariés.