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Délais de paiement: les TPME asphyxiées par les grandes entreprises

Par Rachid Al Arbi le 26/07/2018 à 00h19

Kiosque360. D’après les conclusions de l’enquête réalisée par Bank Al-Maghrib, auprès de 72.000 sociétés, sur les délais de paiement, les grosses structures sont à l’origine de la mortalité des plus petites. A tel point que la dette des entreprises dépasse le PIB, à 1.150 milliards de dirhams.

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Les grandes entreprises méprisent-elles les délais de paiement? Tout porte à le croire. Dans son édition du jour, L’Economiste affirme que les grosses structures, payées à 82 jours, règlent leurs fournisseurs en 113 jours et gagnent de surcroît 32 jours de trésorerie. Les PME bénéficient de 3 jours, alors que les TPE accusent un déficit de 39 jours. Le journal se base sur l’enquête réalisée par Bank Al-Maghrib sur les délais de paiement, auprès d’un échantillon de 72.000 entreprises dont la dette commerciale culminait à 356 milliards de dirhams à fin 2016.

 

Le contexte difficile, marqué notamment par le ralentissement de la croissance, n’a pas arrangé les choses. Le poids de la dette a même «failli emporter de grands promoteurs immobiliers», affirme le quotidien. Les entreprises d’autres secteurs ont également été touchées, en particulier dans la construction métallique, le BTP et le commerce. «A fin 2017, la dette financière des entreprises (privées et publiques) a culminé à 746 milliards de dirhams dont les 2/3 sont des emprunts bancaires», précise L’Economiste qui relève une hausse significative des créances en souffrance dans les bilans des banques depuis quelques années (48,5 milliards de dirhams en 2017).

 

Le taux de défaut dépasse les 10% dans tous les secteurs, en particulier dans le tourisme (22%). Cela a poussé les banques à y réduire leur exposition. L'encours des crédits destinés aux investissements dans l'hôtellerie et la restauration a chuté de 26% en cinq ans. En face, le taux d'endettement à long terme de la branche a bondi à 66% en un an. Le ratio dans l'immobilier s’est réduit entre 2013 et 2015, avant de reprendre en 2016. Idem dans les BTP où l’indicateur a baissé pour se fixer à 43%.

 

«Le seuil d'alerte varie en fonction des secteurs. Si un endettement élevé peut constituer un facteur de risque pour l'entreprise, un ratio faible n'est pas toujours bon pour la dynamique économique. Cela signifie que les entreprises ne sont pas portées sur l'investissement», analyse L’Economiste. Le journal affirme que, dans le contexte actuel, «les PME et les TPE n'arrivent pas à se projeter sur le long terme puisque beaucoup d'entre elles sont d'abord préoccupées par leur survie». Dans ces conditions, les dettes commerciales, qui s’inscrivent sur une tendance haussière, ont atteint 387 milliards de dirhams en 2016. «Combiné à la dette financière, l'endettement global des entreprises avoisine 1.150 milliards de dirhams contre un PIB à 1.076 milliards de  dirhams», conclut le journal.