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Finance participative: l’assurance Takaful se fait attendre

Par Rachid Al Arbi le 24/05/2017 à 03h13

Kiosque360. Les chantiers en matière d’assurance participative n’avancent pas au rythme prévu. Le Takaful et le marché des capitaux sont loin d'être opérationnels. Un retard dans la distribution des crédits est à prévoir.

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L’offre des banques participatives qui viennent d’obtenir les agréments pour exercer la finance islamique ne sera pas complète au moment du lancement de l'activité. Dans son édition du jour, L’Economiste rapporte que «les futurs clients n'auront pas dans l'immédiat la panoplie des services bancaires» dès le départ. Et pour cause, le journal soulève le problème de l'assurance islamique dont les textes n’ont pas encore été adoptés. Sur ce point justement, L’Economiste cite un assureur qui estime que le marché aura une meilleure visibilité vers la fin de l'année. Ce produit d’assurance est indispensable pour l’obtention d’un crédit, notamment dans l'immobilier.

 

En attendant, il est question de passer par l’assurance classique, le temps de l’entrée en application du Takaful. Ce qui n’est pas du goût de tous. Toujours est-il que l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) va prendre son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole auprès de la profession avant de soumettre les textes au Conseil supérieur des oulémas. Il faudra clarifier certains points comme la séparation des activités vie et non-vie dans deux entités distinctes.

 

Ceci dit, le journal constate qu’une même compagnie peut exercer les deux activités segments (conventionnel et participatif) en même temps. D’ailleurs, la non-mutualisation des structures de gestion et des réseaux de distribution coûterait cher à l’entreprise. Ce serait autant d'investissements à ajouter au capital de départ qui pour une compagnie Takaful est fixé à 50 millions de DH. 

 

Dans ces conditions, il est évident que les entreprises qui ont manifesté un intérêt pour le Takaful devraient s'orienter vers l'activité vie. Cela s’explique, d’abord par leur appartenance à des banques qu’ils doivent accompagner dans la mobilisation de l'épargne. Ce qui appauvrira l'offre étant donné que les assurances santé, multirisque habitat ou vol et perte ne seront pas couvertes.

 

Outre le Takaful, le journal constate que «les compagnies ont besoin d'un marché des capitaux Charia compilant pour investir les fonds qu'elles collectent». Mais le chantier avance très lentement.