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Le gaz algérien en chute libre et c'est, naturellement, la faute... du Maroc

Par Abdelkader El-Aine le 10/08/2017 à 11h18

Le gaz algérien n'a plus la cote en Europe dont le pays de Bouteflika est le troisième fournisseur avec 15% du marché. Les exportations sont en berne. Devinez qui en est responsable.

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Pour un régime rentier, comme celui de nos voisins de l'Est, dont les principales ressources émanent des exportations des hydrocarbures et du gaz, la baisse des prix à l'international fait craindre le pire. D'autant que le pouvoir en place a toujours compté sur les recettes de ces produits pour maintenir la paix sociale, déjà fragile à cause des tiraillements au sommet de l'Etat pour succéder à un président Bouteflika très malade.

 

Le site algérie-focus.com, qui fait état de ces inquiétudes, indique que l'Europe, principal client de l'Algérie, "regarde désormais vers d’autres sources d’approvisionnement". Ce qui n'est pas sans rajouter au stress de l'Algérie.

 

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L'Algérie se trouve actuellement soumise à rude concurrence avec les Etats-Unis en passe de s'imposer en tant que nouveau fournisseur de l'Europe. Il y a aussi...le Maroc.

 

Poursuivant son analyse, le média algérien écrit: "autre difficulté pour les exportations algériennes: le Maroc a signé avec une société anglaise un contrat d’exploitation de gaz de schiste. Il est vrai que notre voisin de l’Ouest ne dispose pas de beaucoup de réserves. Mais les quantités qui vont être produites le seront au détriment de celles de l’Algérie".

 

Une hypothèse pour le moins comique. Car voici un pays qui appréhende la concurrence de son voisin alors qu'il n'est même pas encore producteur, et encore moins exportateur, de gaz. "Ils savent bien se projeter dans l'avenir, nos voisins de l'Est. Ils le font tellement bien qu'ils perdent le nord", remarque avec une pointe d'ironie un analyste marocain.

 

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Mais, en l'occurrence, fait rare, algerie-focus.com sait faire la part des choses et reconnaître l'origine du mal et les "soucis d'ordre interne" dont souffre le pays de Bouteflika. "Ainsi, de l’aveu même de Moumen Ould-Keddour, le PDG de Sonatrach, l’Algérie arrive difficilement à honorer ses engagements internationaux. La raison est que la demande interne explose, ce qui réduit les quantités destinées à l’exportation. L’autre raison invoquée est que les capacités de production de la Sonatrach sont difficiles à développer à cause, notamment, des décisions politiques prises à l’époque de Chakib Khelil (ancien ministre algérien de l'Energie et des mines, NDLR)", avoue-t-il.

 

Voilà qui relève du bon sens et rompt avec le manichéisme propre aux dirigeants algériens. Lesquels ont tendance à toujours jeter la responsabilité de leurs déboires sur autrui, en premier lieu sur... le Maroc.

 

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