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Rose festival
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Rose à parfum: un potentiel encore inexploité

Par Wadie El Mouden le 12/05/2018 à 20h15 (mise à jour le 13/05/2018 à 10h59)

Cela fait presque six ans que la filière de la rose à parfum est dotée d’une feuille de route. Seuls 80 hectares ont à ce jour été plantés sur les 400 prévus. Voici le bilan d’étape des engagements du contrat programme 2012-2020.

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D’un simple Moussem réduit à la seule séquence d’intronisation d’une «reine des roses», le Festival des roses a gagné en professionnalisme, devenu au fil des ans un rendez-vous incontournable pour les habitants de Kelâat M’Gouna, doté d’une dimension plus que festive, conciliant culture, sport et surtout développement local.


La 56e édition du festival, érigé désormais en «Salon international de la rose à parfum», qui se tient du 10 au 13 mai, est placée sous le thème «la culture de la rose à parfum: une agriculture solidaire et un domaine pour l’investissement». Pas moins de 210 organisations professionnelles, dont une quarantaine de coopératives spécialisées dans la production et valorisation de la rose à parfum, ont pris part à cet événement. Plusieurs stands ont été réservés aux commerçants de la ville, les organisateurs exigent que les produits exposés soient 100% naturels, car on veut à tout prix bannir la pratique des produits synthétiques qui gagne du terrain, portant atteinte à l’image de marque de la rose des vallées du M’Goun et du Dadès. 

 


«La rose marocaine est la plus chère au monde. Sa qualité aromatique demeure à ce jour irréprochable. Elle se vend à 25 dirhams le kilo à l’état brut, contre seulement 6 dirhams avant le Plan Maroc Vert. Le Maroc est le troisième producteur mondial, après la Bulgarie et la Turquie», souligne Salah Aghezzaf, de l'Office régional de la mise en valeur agricole (ORMVA) de Ouarzazate. Sachant que le volume récolté a baissé entre 2017 à 2018, passant de 3900 à 3000 tonnes, sous l’effet de la gelée et du prolongement de la période du froid hivernal.

 


La culture de la rose à parfum occupe aujourd’hui une surface de 900 ha (dont 100 ha au niveau des périmètres d’extension) le long de la vallée des roses qui s’étend entre Kelâat M’Gouna et Boumalene Dades. La qualité aromatique de la rose à parfum de Kelâat M’Gouna, insiste Aghezzaf, demeure à ce jour irréprochable, aussi bien pour son eau de rose et ses produits dérivés que pour son huile essentielle ou sa concrète. Les prix de ces produits ne cessent d’augmenter face à la forte demande des grandes maisons de parfumerie et de cosmétique dans le monde.

 

Malgré cette notoriété reconnue à l’international, la culture de la rose reste encore méconnue des habitants de la Kelâat M’Gouna, en majorité des petits agriculteurs, à l’exception de quelques rares sociétés structurées (Oulrose, Les Arômes du Maroc, etc). Cela s’explique par le fait que la rose, historiquement, était souvent plantée à titre accessoire, sous forme de haies de clôtures servant à tracer les frontières entre terres agricoles. Tout l’enjeu est donc d’arriver à convaincre et à inciter les agriculteurs à planter des rosiers en lieu et place de la céréaliculture. C’est là qu’est née l’idée du contrat-programme de la rose à parfum.

 


Le 24 avril 2012, à l’occasion des cinquièmes Assises de l’agriculture à Meknès, un contrat-programme a été signé entre le gouvernement et la  Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose à parfum (FIMAROSE), se fixant des objectifs ambitieux à l’horizon 2020. Articulée autour de trois axes stratégiques, cette feuille de route devrait mobiliser sur une échéance de huit ans un budget de 100 millions de dirhams, financés à 83% par l’Etat, le reste auprès de la profession. Le gros lot, presque 60 millions de dirhams, devrait revenir à la mise à niveau et à la création de nouveaux vergers (400 ha de nouvelles plantations et 200 ha en repeuplement).

 

Voici le bilan d’étape du contrat-programme 2012-2020 de la Rose à parfum. Les données sont recueillies auprès de l’ORMVA de Ouarzazate.

 

Axe 1: Développement de la production et d’amélioration de la qualité

 

L’équipement hydro-agricole :

➢ Réhabilitation de 11.000 m de séguia;

➢ Equipement de 150 ha avec le système d’irrigation goute à goute sur les 400 ha prévus.

 

Extension et peuplement des plantations:

➢ Repeuplement de 25 ha sur les 200 ha prévus;

➢ Création de 80 ha d’exploitation en extension sur les 400 ha prévus.

 

Renforcement des programmes de formation et d’encadrement;

➢ Organisation de 05 modules de formation au profit de 125 agriculteurs.

 

Axe 2: Amélioration des conditions cadres de la filière:

➢ Construction de nouvelles unités de conditionnement; 15 unités actuellement contre 4 en 2011

➢ Equipement de 15 unités de distillation de la Rose;

 

Axe 3: Amélioration des conditions de valorisation, commercialisation et de promotion des produits de la rose

➢ Obtention en 2011 du Label IGP Rose de KELAAT M’GOUNA DADES;

➢ Obtention en 2018 du label AOP pour Eau de Rose ;

➢ Organisation annuelle du festival de la rose , érigé en Salon International de la Rose à Parfum;

➢ Participation aux foires nationales et internationales pour la promotion des produits  de la rose;

➢ Construction, aménagement et équipement de la maison de la rose.

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