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Cover Vidéo - CGEM: les recommandations pour intégrer les acteurs du secteur informel
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Vidéo. Secteur informel: comment la CGEM compte en finir

Par Moussa Diop et Khalil Essalak le 06/04/2018 à 11h39 (mise à jour le 06/04/2018 à 12h57)

La CGEM vient de rendre publique son étude sur l’économie informelle au Maroc et son impact négatif sur la compétitivité des entreprises. Plusieurs solutions visant à rétablir l'équilibre y sont proposées. Les voici.

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L’informel est l’un des obstacles fondamentaux à la compétitivité des entreprises marocaines. On le sait, mais quel est son impact réel sur l’économie marocaine? La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a souhaité répondre à la question en initiant une étude intitulée «L’économie informelle: impact sur la compétitivité des entreprises et propositions de mesures d’intégration» et dont elle a présenté les résultats jeudi 5 avril.

 

 

 

Pour la CGEM, l'idée première n'était pas d'attaquer les emplois, importants, que génère l'informel, mais de faire en sorte que le formel gagne en attractivité. 


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Menée par le cabinet Roland Berger, sélectionné parmi 7 cabinets de conseil, l'étude, qui a bénéficié des concours des acteurs privés et publics, s’est attachée à définir les spécificités du secteur informel et ses effets sur la compétitivité des entreprises formelles. A ce titre, elle a porté sur les unités industrielles informelles, la contrebande, la contrefaçon et l’économie souterraine (sous-facturation, déclarations tronquées, etc.) et ses effets avec des produits vendus qui ne sont pas soumis aux impôts, aux charges sociales et qui ne respectent pas les normes de conformité.

 

L’informel pèse 20% du PIB

Il ressort de l’étude que l’économie informelle pèse plus de 20% du PIB, hors secteur agricole. Celle-ci impacte particulièrement les secteurs du textile, du transport routier de marchandises, du BTP, et des industries agroalimentaires. Mais cela a un prix. Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc, souligne que «l’informel est destructeur à plusieurs niveaux». A titre d’illustration, «à cause de l’informel, 2,4 millions de salariés ne bénéficient pas de filets sociaux», soutient-elle. Et pour l’Etat, l’informel entraîne un manque à gagner fiscal considérable.


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Et le secteur informel ne payant ni impôts ni charges sociales par le secteur informel, il se crée un gap de compétitivité-prix important pour les entreprises marocaines formelles. La situation entraîne une pression négative sur les prix et des pertes de chiffres d’affaires limitant les investissements et donc l’amélioration de la productivité et de l’innovation.

 

Face à ce fléau, des solutions ont été expérimentées par d’autres pays. L’étude a retenu un benchmark composé de la Turquie, du Chili et de la Slovaquie.

 

Selon ce benchmark, la Turquie a fait baisser l’informel de 20% , en une décennie,  à travers une série de mesures: simplification des démarches administratives et fiscales pour les TPE et les PME, réduction des cotisations sociales des employeurs, réduction de la TVA sur plusieurs secteurs d’activités, lutte contre la corruption...

 

Les recommandations

Des mesures et solutions concrètes ont été avancées dans le but d’accompagner et intégrer les acteurs du secteur informel. Elles ont été partagées avec toutes les parties prenantes (HCP, DGI, Douanes, Bank Al-Maghrib, ministères concernés, etc.).


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En tout, l’étude a retenu 6 chantiers prioritaires. Il y a d’abord le renforcement de l’attractivité du formel via une meilleure compétitivité des entreprises (simplifier la TVA, réduire les droits de douane, alléger la fiscalité, etc.). Ensuite, il y a la lutte contre les leviers de l’économie souterraine en impliquant le secteur privé et la CGEM.

De même, il faut mettre l’accent sur l’éducation et la formation (sensibiliser les consommateurs, promouvoir l’emploi formel, etc.).

 

En plus, mettre en place une politique d’accompagnement dans l’intégration des unités de production informelle (UPI) à l’économie formelle à travers un cadre règlementaire spécifique et incitatif et un appui à l’accès au marché. Par ailleurs, assécher les flux de la contrebande. Et enfin, lutter contre la corruption (digitaliser et numériser les services publics, baisser les plafonds des paiements cash).

 

A travers ces différentes mesures, «cette étude a pour ambition de chercher à libérer la compétitivité du secteur privé», a souligné Mohammed Fikrat, président de la Commission investissement, compétitivité et compensation industrielle de la CGEM.