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Le Maroc, ce pays unique où on célèbre quatre fois le nouvel an...

Par Zineb Ibnouzahir le 11/09/2018 à 15h23

Au Maroc, terre de mixité et de brassage culturel, les us et coutumes religieuses constituent une richesse indéniable, d’autant qu'elles cohabitent dans le respect l’une de l’autre. La preuve par quatre (jours de l'an).

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En ce 11 septembre 2018, les musulmans célèbrent, dans le calendrier lunaire hégirien, le 1er Moharram de l'an 1440. Cette date correspond à l’hégire, le jour annonciateur du début de l’exil du prophète Mohammed de la Mecque vers Médine en 622.

 

Contrairement au nouvel an du calendrier grégorien, on ne célèbre pas - ou que très peu- ce jour à coups de festivités. Certains, attachés aux traditions, partageront un repas en famille, mais la plupart se réservent pour Achoura, célébrée dix jours plus tard et considérée comme la véritable fête du mois saint de Moharram.

 

De son côté, Roch Hachana, la nouvelle année juive, est une fête qui dure quatre jours, du dimanche 9 au mardi 11 septembre 2018. Selon ce calendrier, nous sommes en l’an 5779, depuis la création du monde.

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Roch Hachana est aussi annonciatrice d’une période d’austérité de 10 jours afin de favoriser l’introspection. A l’instar des musulmans qui célèbrent Achoura, 10 jours après le 1er Moharram, les juifs, eux, célèbrent 10 jours après Roch Hachana, Yom Kippour (le Grand pardon), qui se traduit dans les deux religions par une période de jeûne. Côté traditions, bien que celles-ci soient également en perdition, on avait coutume de sonner le Shoffar, comme c’est également le cas pendant Ramadan quand on sonne le Neffar, et de se rendre près d’un point d’eau pour y jeter ses fautes.  Le soir venu, on se réunit en famille autour d’un repas de fête. La tradition veut que l'on mange des pommes trempées dans du miel, car c'est le jour où l'on demande à Dieu de nous offrir une année douce ou bonne.

 

Yennayer, le nouvel an amazigh est quant à lui célébré le 13 janvier de chaque année, une date coïncidant avec les 10 derniers jours des « Lyali », les nuits les plus froides de l’année. Cette date se base sur le calendrier agraire, lequel s’adapte aux changements climatiques et à leurs impacts sur les activités agricoles. Pour célébrer cette journée, il est de coutume de partager des plats traditionnels, composés de produits de la terre. Le 13 janvier 2018, les Amazighs ont célébré l’année 2968 qui correspond à la conquête de l’ancienne Egypte par le Roi amazigh Sheshonq, en 950 avant J.C.

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Si au Maroc le jour du 1er Moharrem est férié en sa qualité de fête religieuse, ce n’est pas le cas de Roch Hachana ni du nouvel an amazigh, mais c’est en revanche le cas du nouvel an chrétien. En Occident, le calendrier grégorien, basé sur la rotation de la Terre autour du Soleil, est en effet de mise. Ce calendrier solaire porte le nom du pape Grégoire XIII, qui l'a imposé en 1582, et c'est au XVIe siècle, plus précisément le 9 août 1564, que le roi Charles IX, par l'édit de Roussillon, dit ausi édit de Paris, fixe le 1er janvier comme premier jour du premier mois de l'année.

 

 

Enfin, le réveillon, repas traditionnel de la nuit du nouvel an, fêté le 31 décembre, est également appelé réveillon de la Saint-Sylvestre, du nom du pape Sylvestre 1er (314-335).

 

Au Maroc, on célèbre comme ailleurs le passage du nouvel an durant la nuit du 31 décembre au 1er janvier, jour férié. L’occasion pour les Marocains de toutes confessions d’épouser, souvent de façon inconsciente, des traditions chrétiennes et païennes venues d’ailleurs.

 

On se met d'ailleurs "sur son 31" (l'expression n'est pas anodine) en favorisant les paillettes. On déguste des plateaux de fruits de mer et du foie gras, sans savoir que la consommation de ces mets remonte à l’Antiquité. Enfin, on se régale de pâtisseries dont le miel représente l’aliment principal, en sa qualité de symbole solaire, de pureté et de douceur. Un fil conducteur tout en douceur qui unit les différentes communautés dans ces plaisirs de la table.