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Quand Fès éclipsa Volubilis: les secrets de la cité romaine vus par la presse internationale

Par Zineb Ibnouzahir le 08/08/2018 à 09h02

Le Figaro, Euronews, El Pais, l’AFP pour ne citer que ces quelques supports chantent les louanges de la cité romaine alors que la 19e édition du Festival international de Volubilis des musiques traditionnelles du monde s'est tenu finalement le 7 août…à Meknès.

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«Au milieu d'une végétation luxuriante se dressent les vestiges du plus important site romain du Maroc: Volubilis. Longtemps pillée et négligée, la cité antique est désormais jalousement gardée afin de préserver ses trésors pour des touristes de plus en plus nombreux.»... C’est ainsi que débute l’article de l’AFP intitulé «Pillée durant des siècles, Volubilis veut protéger ses trésors»

 

Classé au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1997, le site fondé vers le IIIe siècle avant l'ère chrétienne par une communauté maure a "connu plusieurs civilisations", dont une florissante période romaine et une brève restauration par les conquérants arabes, explique à l'AFP M'Hamed Alilou, topographe-dessinateur et conservateur adjoint.

 

 

Le lent déclin de Volubilis

La presse internationale retrace ensuite l’histoire de ce site d’exception rappelant que la principale artère de cette cité qui abrita jusqu'à 15.000 habitants est bordée de portiques et d'anciennes demeures ornées de précieuses mosaïques. Un arc de triomphe, une basilique, des thermes et un capitole témoignent également de la présence romaine entre 42 après Jésus-Christ et 285.

 

Un tiers du site, notamment la partie ouest correspondant à la période islamique n'a pas encore été fouillé et promet la découverte de nombre de richesses archéologiques, selon Alilou.

 

Abandonnée quand la dynastie arabe des Idrissides décida de faire de Fès sa nouvelle capitale à la fin du VIIIe siècle, Volubilis tomba dans l'oubli... sauf pour certains amateurs de marbre et de statues romaines.

 

A la fin du XVIIe siècle, le sultan marocain Moulay Ismaïl aurait envoyé des milliers d'esclaves s'emparer du marbre et de colonnes de la cité antique pour la construction de son palais de Meknès, à 30 kilomètres de là.

 

"Sur la piste menant de Volubilis à Meknès, on a trouvé des chapiteaux abandonnés par des esclaves qui ont pris la fuite dès qu'ils ont appris que Moulay Ismaïl était mort", raconte Alilou.

 

 

Les trésors disparus

Au début du XXe siècle, en 1915, des archéologues commencent à exhumer les vestiges de Volubilis et des travaux de restauration sont engagés. Mais la période coloniale française (1912-1956) marque aussi un regain des pillages, selon Alilou.

 

Après l'indépendance du Maroc, la disparition en 1982 d'une statue en marbre de Bacchus, dieu du vin dans la mythologie romaine, défraie la chronique.

 

En 2006, une partie d'une mosaïque a été arrachée du site, selon le magazine d'Histoire Zamane, tandis qu'en 2011, un homme fut arrêté alors qu'il tentait de voler une pièce en bronze de l'époque romaine, présentée comme un "chef-d'oeuvre très rare".

 

Mohammed Charroud, chercheur en géologie à la faculté des sciences de Fès, racontait en 2013 au quotidien marocain Le Matin qu'il rencontrait "souvent", lors de ses recherches à Volubilis, des "caravaniers qui s'installent à proximité du site à la recherche d'objets anciens de valeur".

 

Aujourd'hui, le site est clôturé, entretenu et surveillé. Les autorités tiennent en effet à préserver ce qui est désormais un site touristique prisé. Depuis l'ouverture, en 2013, d'un musée au style épuré, Volubilis attire en moyenne plus de 200.000 visiteurs par an.