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Tout ce que vous devez savoir sur le Conseil national de la presse

Par Abdelkader El-Aine le 17/06/2018 à 18h58 (mise à jour le 17/06/2018 à 19h16)

Devant réguler le métier, le Conseil national de la presse verra le jour le 22 juin prochain après l’élection des membres de cette instance. Mais, bien avant cette date «fatidique», ledit conseil ne fait pas l’unanimité. Mort-né? Les explications.

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Tant attendu, le Conseil national de la presse devra voir le jour dans moins d’une semaine. Les membres de cette instance seront désignés à l’issue d’un scrutin conformément à la loi 90-13 prévoyant l’installation du Conseil.

 

A quoi servira le Conseil national de la presse ?
C’était un vœu pieux des professionnels du métier: pouvoir «gérer», «arbitrer» et «décider» en cas de problèmes et de litiges liés au monde de la presse. L’espoir était que les gens du métier puissent «juger» leurs pairs en cas de supposées infractions et statuer sur les sanctions à infliger aux «contrevenants». Et pour ce faire, quatre commission devront être créées: (Déontologie et affaires disciplinaires ; Carte de presse professionnelle, Formation, études et coopération ; Médiation et arbitrage ; Entreprise de presse et mise à niveau du secteur). Le Conseil doit éditer un rapport annuel qui sera publié sur le Bulletin officiel.

 

Qui compose le Conseil ?

Le Conseil national de la presse sera composé de vingt-et-un (21) membres. Sept (7) sont des journalistes élus par leurs pairs ; sept autres sont élus parmi les éditeurs de journaux (presse écrite et sites électroniques). A cela s’ajoutent sept autres membres venus d’horizons divers : 1 du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), 1 de l’Union des écrivains du Maroc (UEM), 1 de l’Union des barreaux des avocats du Maroc, 1 du Conseil national de langues et de la culture marocaine, 1 désigné par la Fédération marocaine des éditeurs des journaux (FMEJ), 1 journaliste honoraire désigné par le Syndicat de la presse marocaine (SNPM). On devra trouver au sein du Conseil des noms bien connus de la profession tels que Mohamed Selhami (Maroc Hebo), Abdelmouniam Dilami (groupe Eco-Média), Noureddine Miftah (président de la FMEJ et dierceteur d’Al Ayyam). Sans parler de l'incontournable duo du SNPM Abdallah Bekkali-Younes Moujahid.

 

Comment ça va fonctionner ?

Selon l’article 7 du règlement régissant cette instance, les membres du Conseil sont appelés à se réunir au moins une fois tous les deux mois, sur convocation du président ou à la demande la majorité. Le Conseil doit délibérer à la majorité de ses membres. A défaut, le président appelle à une deuxième réunion après 15 jours. Une fois, le tiers des membres est réuni, le Conseil peut délibérer. Les délibérations sont secrètes et les décisions prises à la majorité des voix, mais en cas d’égalité, celle du président est déterminante. Les décisions sont par la suite rendues publiques.
La loi portant création du Conseil exige la parité en termes de représentation.

 

Quid du mandant des membres du Conseil ?

Les membres du Conseil national de la presse sont élus pour un mandat de quatre ans, renouvelable une seule fois.

 

Qui sont les prétendants ?

Au départ, trois listes étaient en lice. La première de Ali Bouzerda (Le changement), la seconde de Abdessamad Benchérif (Fidélité et responsabilité) et la troisième de Hamid Saâdni (Liberté professionnelle et intégrité). Cette dernière a été «éliminée».

 

Pourquoi ça risque de capoter ?

Vendredi 15 juin, un communiqué de la MAP, appuyé par les deux listes en lice, a été rendu public, s’élevant contre «certaines conditions d'éligibilité et l'exclusion du vote des journalistes de la MAP exerçant à l'étranger». «Les deux listes ont relevé qu'elles se réservent le droit de prendre la position appropriée pour faire face à tout développement, y compris le recours à la justice administrative, de soumettre des pétitions à la Cour constitutionnelle ou encore le boycott de ces élections, tout en imputant au gouvernement la responsabilité totale des dysfonctionnements constatés», souligne le communiqué.


Entre autres points critiqués par les professionnels: l'obligation de détenir une carte de presse 2017 et le refus du vote de journalistes expatriés.