Irak. Les Kurdes tiennent un référendum pour l'indépendance, Bagdad réagit | www.le360.ma

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Aéroport Ebril

Des passagers à l'aéroport d'Erbil, au Kurdistan irakien, le 28 septembre 2017.

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Irak. Les Kurdes tiennent un référendum pour l'indépendance, Bagdad réagit

Par Le360 (AFP) le 28/09/2017 à 17h34

L'Irak a annoncé jeudi 28 septembre la suspension à partir de vendredi de tous les vols internationaux à partir et vers le Kurdistan irakien, la première mesure concrète de rétorsion après le référendum des Kurdes en faveur de d'indépendance.

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La fermeture prolongée du trafic aérien aurait des conséquences dramatiques, car un grand nombre d'étrangers travaillent au Kurdistan, une région autonome du nord de l'Irak qui a choisi de défier le pouvoir central en organisant lundi un référendum qui a vu la victoire massive du "oui".

 

Même si les autorités kurdes affirment que l'indépendance ne sera pas annoncée de sitôt et se disent favorables au dialogue avec les autorités de Bagdad, celles-ci rejettent toute négociation sur la base de ce référendum.

 

"Tous les vols internationaux, sans exception, de et vers Erbil et Souleimaniyeh cesseront à partir de vendredi à 18H00 (15H00 GMT) à la suite de la décision du conseil des ministres et du Premier ministre Haider al-Abadi", a déclaré à l'AFP la directrice de l'aéroport d'Erbil, Talar Faiq Saleh.

 

L'Aviation civile irakienne, dont dépend le trafic au Kurdistan, a confirmé cette mesure.

 

"Les deux aéroports seront fermés vendredi (...) Tous les vols internationaux vers Erbil et Souleimaniyeh vont cesser", a affirmé à l'AFP un haut responsable de l'aviation civile à Bagdad.

 

"Nous avons informé toutes les compagnies étrangères et c'est pour cela qu'elles ont annoncé la suspension des vols. Quant aux vols intérieurs, la décision sera prise après vendredi", a-t-il ajouté.

 

Un grand nombre d'étrangers se pressaient jeudi à l'aéroport d'Erbil pour quitter la ville, de peur de se retrouver bloqués. Ces étrangers entrent au Kurdistan avec un visa délivré par les autorités kurdes qui n'est pas reconnu par Bagdad, et donc ne peuvent se rendre ailleurs en Irak.

 

"Nous avons ici des consulats, des compagnies et du personnel international, cela va affecter tout le monde. Ce n'est pas une bonne décision", a souligné Mme Saleh.

 

"Cette décision ne frappe pas seulement les Kurdes. Nous avons un grand nombre de réfugiés qui utilisent l'aéroport (d'Erbil) et nous étions un pont entre la Syrie et l'ONU pour envoyer de l'aide humanitaire", a-t-elle poursuivi.

 

"Nous avions ici aussi des forces de la coalition (internationale antijihadiste), ce qui veut dire que l'aéroport servait pour tout", selon la responsable.

 

M. Abadi avait intimé l'ordre à la région autonome du Kurdistan de remettre aux autorités centrales le contrôle de leurs deux aéroports.

 

Mme Saleh a affirmé avoir demandé au ministre irakien des Transports ce que signifiait "remettre l'aéroport". "Il m'a répondu, cela veut dire que tout le personnel de sécurité, de l'immigration, des douanes doit être remplacé par des gens de Bagdad".

 

Près de 93% des votants ont voté "oui" lors du référendum d'indépendance organisé au Kurdistan et dans des régions que les Kurdes revendiquent, notamment la province multi-ethnique de Kirkouk, riche en pétrole.

 

La tenue du référendum a été maintenue malgré l'opposition du pouvoir central qui le juge illégal, des pays voisins qui comptent des minorités kurdes et des Etats-Unis.

 

M. Abadi avait ainsi affirmé que ce référendum devait "être annulé" et un dialogue ouvert "dans le cadre de la Constitution". "Nous ne discuterons jamais du résultat" du scrutin et "nous imposerons la loi irakienne dans toute la région du Kurdistan."

 

Autre mesure pour obtenir l'annulation des résultats de ce vote comme le demande Bagdad, l'arme du pétrole et la clé se trouve en Turquie.

 

Ankara est le premier concerné par la question puisque 550.000 des 600.000 barils par jour produits par le Kurdistan irakien sont exportés via le site turc de Ceyhan (sud). S'il ferme ce terminal, le Kurdistan serait asphyxié, car l'économie de cette région dépend quasiment exclusivement du pétrole.

 

Mais pour le moment, la Turquie a menacé et n'a pris aucune mesure concrète.

 

Selon un communiqué officiel irakien, le Premier ministre turc Binali Yildirim a dit à M. Abadi que son pays soutenait "toutes les décisions irakiennes", en citant celle "liée à limiter les (opérations) sur les exportations de pétrole au seul gouvernement irakien".

 

En Turquie, M. Yildirim a affirmé: "Aux postes-frontière, notre interlocuteur sera l'Irak. Dans les aéroports, notre interlocuteur sera Bagdad et dans toutes les activités économiques, notre interlocuteur direct sera le gouvernement central irakien". Mais il n'a pas spécifiquement mentionné les exportations de brut.

 

Mercredi, les députés irakiens ont voté en faveur de la fermeture des postes-frontière se trouvant hors de l'autorité de l'Etat, c'est-à-dire les quatre postes-frontière kurdes avec la Turquie et l'Iran.

 

Ils ont également réitéré leur exigence auprès de M. Abadi, d'envoyer l'armée dans les zones disputées avec les Kurdes.

 

Mais aucune de ces mesures n'a encore été prise.