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Comment une peinture monumentale volée en Italie a été retrouvée à Casablanca

Par M'Hamed Hamrouch le 17/02/2017 à 11h12 (mise à jour le 17/02/2017 à 16h26) © Copyright : Dr
De précieuses informations recueillies par les Renseignements généraux (RG) ont permis à la BNPJ de retrouver une peinture, datant du XVIIème siècle, réalisée par le peintre baroque, Le Guerchin, volée à Modène et retrouvée au quartier Derb Soltane à Casablanca.

Une peinture monumentale a été volée en 2014 dans l’église San Vincenzo à Modène en Italie. Représentant la Vierge en compagnie de Saint-Jean l’évangéliste et Grégoire le Thaumaturge, ce tableau peint en 1639, a été vu la dernière fois dans l’église San Vincenzo de Modène (nord de l'Italie) le 10 août 2014. Peint par Giovanni Francesco Barbieri, dit Le Guerchin (1591-1666), ce tableau de dimensions imposantes (297 x 184 cm) est estimé entre cinq  et six millions d’euros.

 

Vierge-Saint-Jean-evangelist Large
© Copyright : Dr

 


Ce chef-d’œuvre a finalement pu être retrouvé par les fins limiers de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), avec la précieuse collaboration des Renseignements généraux (RG), relevant de la DGSN. Comment les services nationaux ont-ils pu démêler l’écheveau de ce vol spectaculaire et mettre la main sur un as de la varappe, qui s’est avéré être un ressortissant marocain vivant en Italie? 

 

Tout est parti d’informations recueillies par les Renseignements généraux (RG) et selon lesquelles le tableau de Giovanni Francesco Barbieri, dérobé en 2014 dans l’église San Vincenzo, située dans la ville de Modene, dans le nord de l’Italie, se trouverait bel et bien au Maroc. De quoi mettre la puce à l’oreille des services de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), qui après avoir pris note et acte des informations fournies par leurs collègues des RG, ont multiplié les écoutes et les surveillances et entrepris un travail de filature pour retrouver la trace du voleur et de ses complices.

 

«Une fois les informations recueillies, les services de la BNPJ ont élaboré et adressé un rapport au procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca qui a donné ses instructions pour diligenter une enquête et afin d'être avisé au fur et à mesure du déroulement des investigations», raconte une source sécuritaire à le360

 


Sur la trace d’un tableau recherché par toutes les polices du monde

 

Pour réussir leur traquenard, les fins limiers de la BNPJ ont dû sortir le grand jeu. L’affaire s'avérant peu ordinaire, le partage des tâches et des rôles s'impose. Les agents de la BNPJ doivent même s’initier au langage lié à l’activité de la vente des tableaux afin de mieux infiltrer le réseau mis en place par le suspect numéro 1, en vue d’écouler la très précieuse peinture sans susciter le moindre soupçon sur son origine, ni sur le lieu de sa provenance et encore moins sur les circonstances du vol et du recel. En plus du travail de filature, la BNPJ a dû mettre sur écoute les suspects chargés de vendre le tableau, avant de passer à l’acte et de procéder à l’arrestation. Les agents ont revêtu le costume d’acheteurs d’œuvres d’art pour mieux tromper la vigilance des détenteurs de la précieuse toile.

 

Le 14 février, une unité de la BNPJ, accompagnée d’éléments des RG, fixe rendez-vous au receleur dans l’arrondissement El Fida Mers Sultan, très précisément à Derb Al Foqara. L’intéressé arrive à bord d’une voiture de marque Volkswagen immatriculée au Maroc, en compagnie de deux complices. Il se présente sous un faux prénom à ses «clients» de la BNPJ qui se sont font passer pour des marchands d’œuvres d’art et lui font part de leur volonté de voir le tableau dans le but (caché) de vérifier s’il s’agit bien de la toile recherchée. Le receleur invite les fins limiers à se rendre au domicile de l’un de ses compagnons, sis au boulevard 2 Mars, à El Fida Derb Soltane.

 

Sur place, le détenteur du Guerchin déroule la toile au milieu de banquettes traditionnelles à la manière d’un tapis. Les enquêteurs de la BNPJ se rendent comptent qu’il s’agissait bel et bien du tableau volé. Ils ont convenu avec le receleur de se revoir le lendemain afin de finaliser l’opération de vente. Une prise de rendez-vous destinée à faire diversion puisque le domicile du receleur est déjà été assiégé. Les membres de la bande, au nombre de trois sont arrêtés, au même titre qu'un quatrième complice qui attendait dans un café situé aux alentours. Le tableau, bien sûr, a été saisi.

 

Reste l’auteur du vol, répondant aux initiales J.F, ressortissant marocain vivant en Italie et dont le lieu de la planque a été révélé à la BNPJ par ses complices dès leur arrestation. Seulement voilà, il n’a pas été retrouvé à son domicile. Toutefois, son identité a été établie et une interdiction de quitter le territoire national a été lancée à son encontre.

 

Les receleurs de ce tableau sont apparemment de grands amateurs (à tous les sens du terme). Un tel chef-d’œuvre est invendable sur le marché de l’art. Et son vol était signalé à toutes les polices du monde.

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