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Abdelilah Benkirane et Mustapha Ramid.

Mustapha Ramid et Abdelilah Benkirane.

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Benkirane charge Mustapha Ramid

Par Amyne Asmlal le 10/02/2019 à 19h50

Kiosque360. Dans sa dernière sortie sur les réseaux sociaux, Benkirane s’en est ouvertement pris au ministre Mustapha Ramid. Il est longuement revenu sur les positions et les propos de ce dernier sur le voile de Maelainine, la monarchie parlementaire et l’indépendance de la Justice.

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Depuis qu’il a été sévèrement critiqué pour sa pension exceptionnelle, et surtout pour avoir changé de position sur cette question, Benkirane multiplie les sorties politiques. La dernière date de vendredi dernier, lorsqu’il a profité d’une «visite» à son domicile d’un groupe de militants de Médiouna, pour partager, via un «live» sur Facebook, ses dernières positions sur la monarchie parlementaire, l’indépendance de la Justice et le voile Maelainine.


Ce faisant, il en a profité pour charger Mustapha Ramid, actuel ministre d’Etat et ancien ministre de la Justice dans son gouvernement. C’est en visant ce dernier que l’ancien chef du gouvernement a affirmé devant son auditoire que «cela ne se fait pas de prétendre que les électeurs auraient voté pour la députée uniquement en raison de son voile», rapporte le quotidien Akhbar Al Yaoum dans sa livraison du lundi 11 février.

 

L’ancien secrétaire général du PJD a, par la même occasion, réitéré son opposition ferme à toute forme de sanction du parti contre la députée de Hay Hassani. Ce faisant, il vise ainsi clairement son ancien ministre qui a annoncé, il y a quelques jours, que le PJD avait affectivement pris la décision de sanctionner cette dirigeante pour avoir ôté son voile à l’étranger.


Certes, estime l’ancien patron du PJD, la députée «n’a pas été claire», mais «de là à la sanctionner, ce serait donner raison à nos adversaires qui considèrent que le PJD est une secte, avec son propre mode vestimentaire». Ce qui ne veut pas dire, assure le quotidien réputé proche du clan pro-Benkirane, que ce dernier aurait cautionné le comportement de la députée. «Je n’apprécierais pas que ma femme ou ma fille enlève leur voile», a-t-il clarifié, revenant du coup sur sa position initiale sur la question. 

 

Après son laïus sur le voile et son statut au parti, mais aussi au Mouvement, le MUR, Benkirane est passé sans transition à la monarchie parlementaire. Là encore, il n’a pas hésité à s’inscrire en faux contre la position de Mustapha Ramid sur le sujet. Ce dernier, écrit le journal, soutient que «la monarchie parlementaire est inéluctable. Et tout propos contraire serait faux». Pour Benkirane, le ministre d’Etat «n’a rien apporté de nouveau. Il a juste réaffirmé que la monarchie parlementaire est la solution, mais les conditions ne sont pas encore réunies pour sa mise en œuvre». Qu’est-ce que cela signifie-t-il?, s’interroge Benkirane. «Absolument rien», tranche-t-il.         


En réalité, Mustapha Ramid a affirmé, lors d’une rencontre interne de la jeunesse du parti, que «la monarchie parlementaire ne peut être fondée que sur des institutions de médiation solides et capables d’assumer le fardeau de cette nouvelle étape, qui ne sera certainement pas facile», note Akhbar Al Yaoum. Et comme c’est son ancien ministre de la Justice et néanmoins compagnon de route depuis la fondation du MUR qu’il vise, Benkirane a tout aussi inexplicablement bifurqué sur l’indépendance de la Justice et du Parquet.   


Faisant sans doute allusion à une précédente déclaration de Ramid sur la question, Benkirane a tenu à préciser que le Parquet était sous la tutelle du «ministre de la Justice qui dépend du chef du gouvernement, lequel est responsable, à son tour, devant le roi», rapporte le quotidien. Et en même temps, le ministre de la Justice était soumis au contrôle du Parlement. Pendant ce temps, «la Justice qui dépend du roi a toujours été indépendante. Je n’imagine pas comment aurait été la situation si la Justice ne dépendait pas du roi», a-t-il assené. Tout cela pour dire que, lui, Benkirane n’est pas «foncièrement contre la monarchie parlementaire». Mais, nuance-t-il, «je suis contre une monarchie dans laquelle le roi règne et ne gouverne pas».