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Benkirane face à lui-même

Par Mohamed Younsi le 04/02/2019 à 20h32 (mise à jour le 04/02/2019 à 20h34)

Kiosque360. La retraite exceptionnelle de Benkirane et sa dernière sortie médiatique, qui plongent le personnage dans moult contradictions, continuent de susciter la polémique, d’enflammer les réseaux sociaux et de faire les choux gras des médias. Tour d’horizon.

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L’histoire de la retraite de Benkirane, qui s’apparente à une rente, ses politiques impopulaires, son double discours, sa navigation sur plusieurs registres et son discours «populiste» resteront dans les annales de l’Histoire. Il a d'ailleurs affirmé lui-même, sans avoir froid aux yeux, qu’il faisait partie de l’Histoire du pays.

 

Mais «l’Histoire a ses pages brillantes et reluisantes, comme elle a ses points noirs», réplique le quotidien Assabah, qui se penche sur ce sujet dans son édition de ce mardi 5 février. Le quotidien, qui revient sur la teneur du discours de Benkirane devant certains journalistes, samedi dernier, souligne les paradoxes du personnage, en dressant le bilan de son mandat. Ainsi, fait remarquer le quotidien, Benkirane a procédé à une réforme inopportune des caisses de retraite, opéré des ponctions sur les salaires des fonctionnaires et banalisé le dialogue social, tout en secouant la classe moyenne.

 

Au niveau de la politique budgétaire, il a alourdi les dettes de l’Etat et a gonflé les rémunérations des présidents de régions et des mairies, alors qu’il avait tenu un discours électoral laissant croire qu’il orienterait ses actions politiques pour servir le peuple et combattre la dépravation. Il avait, de même, promis un taux de croissance de 5%, pour finalement achever son mandat sur un taux de 2.5%.

 

Autant de contradictions que n'ont pas manqué de relever les politiques dans des déclarations au quotidien. Ainsi, Jawad Chafik, membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), affirme que la retraite exceptionnelle de l’ancien chef du gouvernement l’a mis dans l’embarras. Ce que, d’ailleurs, confirment son affolement, ses déclarations, ainsi que les réactions de ses partisans. Ni lui ni ses partisans n’ont réussi à justifier cette rente qui contredit les slogans qu'ils défendent, notamment depuis l’année 2011.

Dans le même sens, Khadija Zoumi, membre du comité exécutif du parti de l’Istiqlal (PI) et présidente de l’organisation de la femme istiqlalienne, souligne que «Benkirane dit une chose et fait son contraire», qualifiant de rente sa retraite exceptionnelle. Pour sa part, Abdenebi El Aydoudi, président du conseil national du parti de l’environnement et du développement durable, déclare que Benkirane s’est comporté d’une manière qui laisse à désirer en exhibant la carte de l’indigence pour s’attirer la sympathie de la population, oubliant que les citoyens ne sont plus dupes etne sauraient être induits en erreur par des propos aussi pathétiques. Les Marocains, dit-il, veulent des hommes d’Etat capables de proposer des modèles de développement et des visions pour promouvoir le pays.

 

Ce sujet a également retenu l’attention du quotidien Al Akhbar, dans son édition du même jour. «Benkirane quémande la solidarité en exerçant des pressions», souligne le quotidien qui révèle que le Parti de la justice et du développement s’apprête à exprimer sa solidarité avec son ancien leader, actuellement au cœur de scandales qui l’ont déstabilisé. A ce propos, précisent les sources du quotidien, Jamaâ Mouâtassim, son ancien chef de cabinet, Idriss El Azami Idrissi, président du groupe parlementaire de la Lampe et Abdelhal EL Arbi, ancien conseiller de Benkirane, exercent des pressions sur le secrétariat général du PJD en vue d’arracher un communiqué de solidarité avec Benkirane.

 

Par ailleurs, les sources du quotidien font remarquer que les dernières diatribes de Benkirane révèlent que le mouvement unicité et réforme (MUR) contourne le dahir des libertés publiques et des associations pour s’adonner à des activités lucratives. La manœuvre consistait à faire des investissements aux noms de ses leaders, sans que l’association le MUR ne soit visible sur les papiers. C’est ainsi que des investissements fructueux ont été faits dans les établissements scolaires Assalam, dans la ville de Salé. Cette affaire connaîtra certainement de nouveaux rebondissements et mettra à nu d’autres manœuvres de cette association, bras idéologique et théologique du PJD.