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Boycott: les députés livrent leur rapport sur le carburant

Par Amyne Asmlal le 14/05/2018 à 00h40

Kiosque360. Le rapport de la Commission parlementaire sur le prix du carburant a été largement commenté par la presse, avant même son examen au Parlement. Ce texte révèle que l’État est le premier bénéficiaire de la libéralisation des prix.

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La première Chambre tient, ce mardi, une séance consacrée au débat autour du rapport de la Commission d’information sur le prix de vente du carburant. Assabah consacre une page entière à ce sujet dans son édition du lundi 14 mai. Pour donner un apreçu du marché, la Commission note, rapporte ainsi le quotidien, que le secteur est partagé entre 20 société actives dans l’importation, le stockage, la distribution et la vente au détail des carburants. Parmi ces sociétés, trois son étrangères et 11 importent les produits pétroliers qu’elles distribuent. Les neuf autres se contentent de la distribution intérieure et de la commercialisation au détail au niveau des stations-service. 

 

Les produits pétroliers distribués au Maroc sont importés de dix pays, dont l’Inde, la Russie, la France, le Canada et l’Espagne qui fournit, d'ailleurs, la plus grande partie des produits commercialisés par les compagnies pétrolières au Maroc, précise le journal. Le rapport souligne que trois compagnies dominent le marché. Afriquia, Vivo-Energy Maroc et Total se partagent ainsi 74% des importations. Ce sont également ces compagnies qui possèdent le plus grand nombre de stations-service, dont une partie est gérée directement par ces sociétés, le reste étant en gérance libre.

 

Après ce tour d’horizon, le journal s’attaque au fond du problème. Se basant sur ce rapport de la Commission, Assabah annonce que les compagnies pétrolières auraient réalisé des bénéfices supplémentaires de l’ordre de 15 milliards de dirhams depuis la libéralisation des prix du carburant. Les membres de la Commission ont ainsi relevé des hausses de prix survenues juste après la libéralisation et atteignant 96 centimes le litre pour le gasoil et 76 centimes pour l’essence. Les compagnie assurent, au contraire, que leur marges n’ont pas bougé avec la libéralisation. Or, estime le ministère de tutelle, les compagnies ont tendance à ne pas répercuter la baisse des cours au niveau international sur le prix à la pompe.  

 

Finalement, note le journal qui cite le rapport, l’Etat est bien le grand bénéficiaire de cette opération de décompensation du carburant. Il a ainsi pu économiser quelque 35 milliards de dirhams qu’il devait destiner aux secteurs sociaux et aux aides directes au profit des couches vulnérables. Cependant, ajoute le journal, le gouvernement, défiant toute logique, n’a finalement mis en place aucune politique d’accompagnement pour atténuer l’effet, sur le pouvoir d’achat des citoyens, de la hausse des prix du carburant et, par ricochet, des autres produits. Pire encore, poursuit Assabah, l’Exécutif a également ignoré, durant tout ce temps, le Conseil de la concurrence censé, justement, veiller au respect des règles de la concurrence. Son président, auditionné par les membres de la Commission, a assuré n’avoir jamais été saisi par le gouvernement pour réaliser un rapport sur le marché des carburants.

 

Pour sa part, le quotidien Al Massae, qui aborde également ce sujet dans son édition de lundi, affirme que le rapport de la Commission parlementaire est vide de substance et ne fait que «jeter de l’huile sur le feu du boycott».

 

Le document, qui ne manquera pas de soulever des critiques, note Al Massae, assure que la multitude de sociétés opérant dans le domaine, la diversité des pays d’importation et la stratégie d’investissement de chaque compagnie sont des éléments attestant de l’existence d’une véritable concurrence dans le secteur. Le rapport met également en avant, ajoute le quotidien, l’absence de mesures d’accompagnement du gouvernement après la libéralisation du secteur. Al Massae affirme, en outre, qu’en plus de l’Etat qui a économisé 35 milliards de dirhams, le secteur bancaire a également largement bénéficié de la libéralisation des prix du carburant. Le journal évoque, de plus, le soupçon d’existence d’activités de contrebande de carburant entre les régions sahariennes, où il est détaxé, et le reste du Royaume.