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roi Mohammed VI
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Comment la presse a réagi au discours du Trône

Par Amyne Asmlal le 30/07/2017 à 21h45

Kiosque360. Les journaux ont consacré de longues analyses au discours royal du 29 juillet. Tour d’horizon.

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Lors de son discours du samedi 29 juillet, le roi Mohammed VI s’est adressé au peuple marocain sur un ton ferme et critique, affirme le quotidien Al Massae dans son édition du lundi 31 juillet. Le souverain a jeté la lumière sur les dysfonctionnements de l’Administration, les mentalités de ses responsables et les petits calculs des élites partisanes et politiques. Or, la gestion des affaires publiques se doit de rester à l’écart des intérêts personnels et partisans et à l’abri des discours populistes, a affirmé le Mohammed VI, en précisant que les événements qui se sont produits dans certaines régions du pays avaient révélé «une irresponsabilité sans précédent».

 

Le journal ajoute que le roi Mohammed VI s’est, de même, arrêté sur une série de paradoxes entre, notamment, les promesses de croissance et les réalisations en matière de développement, les stratégies sectorielles et les programmes sociaux, le secteur public et le secteur privé.   

 

Le journal, qui passe en revue les différentes thématiques abordées dans le discours royal, se demande si l'heure n'est pas au remaniement ministériel et à la reddition des comptes pour les responsables du programme «Manarat Al moutawassit». Al Massae ne manque d'ailleurs pas de relever la profonde déception exprimée par le roi concernant l’action politique des élites partisanes. Et de souligner que le souverain a mis l'accent sur la nécessité d’une application stricte des dispositions de l’alinéa 2 de l’Article premier de la Constitution, alinéa qui établit, justement, une corrélation entre responsabilité et reddition des comptes.

 

Le journal s’est également intéressé à l’importance accordée par le souverain à la sécurité, au rôle de l’appareil sécuritaire et à tout l’amalgame qui a été créé en parlant de «l’approche sécuritaire».

AL Ahdath Al Maghribia consacre également une longue analyse au discours royal, dont il met en exergue les principaux messages.

Tout d'abord, concernant l’évolution politique et économique du pays, les partis et responsables politiques et administratifs ne manifesteraient pas l'intérêt qu'elles méritent aux attentes des citoyens. Ainsi, quand le bilan est positif, les partis, la classe politique et les responsables s’empressent d'engranger les bénéfices politiques et médiatiques des acquis réalisés. Mais, quand le bilan est décevant, on se retranche derrière le Palais Royal et on lui en impute la responsabilité. Certains acteurs pervertissent donc l’action politique en la détournant de la noble finalité qui lui est assignée par définition. Cette situation ne saurait durer, a bien fait comprendre le souverain.

 

Par ailleurs, tout comme la loi s’applique à tous les Marocains, elle doit s’imposer en premier lieu à tous les responsables, sans exception ni distinction, à l’échelle de tout le pays. Bien plus, et c'est là un autre message important, lorsqu’un responsable suspend ou retarde un projet de développement par des calculs politiques ou personnels, ce n’est pas uniquement un manquement au devoir, mais bien une trahison.

 

En outre, affirme le roi dans son discours, certains partis politiques pensent que leur mission consiste à tenir leurs congrès, à réunir leurs instances exécutives ou mener des campagnes électorales. Mais lorsqu’il s’agit d’encadrer les citoyens et de régler leurs problèmes, ces partis sont aux abonnés absents. C’est inadmissible. En outre, la plupart des acteurs préfèrent raisonner en termes de gain et de perte et s’évertuent à préserver leur capital politique, voire à le renforcer. De ce fait, ils agissent au détriment de la patrie et contribuent à la détérioration de la situation.

 

Aussi, chaque responsable doit-il exercer les prérogatives qui lui sont dévolues, en toute autonomie. Il ne doit pas justifier son incapacité à agir, en ressassant le refrain: «Ils m’empêchent de faire mon travail». S’il n’en est pas capable, qu’il présente sa démission. Et tout responsable qui aura manqué à ses devoirs sera sanctionné.

 

Akhbar Al Yaoum, réputé proche de l’un des clans du PJD, s’est aussi intéressé au sujet dans son édition du lundi 31 juillet. Le quotidien s’est distingué par le traitement qu’il a fait du discours royal, notamment de par la qualité des personnes qu’il fait intervenir. Au moment où certains analystes politiques s’attendaient à un discours porteur de «réformes profondes» comme celui du 9 mars 2011, le discours royal comporte une critique dure de l’action des partis politiques et des acteurs administratifs, écrit le journal. L’un des intervenants cités par le journal parle d’une approche alliant l’économie à la sécurité, approche adoptée depuis 2012 et clairement reflétée dans ce discours.

Un autre intellectuel cité par le journal parle, lui, d'un «retour en force à la monarchie exécutive» et de la «responsabilité du PJD dans cette situation». Le journal s’est longuement attardé sur le rôle important qu'aurait pu jouer le parti islamiste sur la scène politique «si on l’avait laissé faire».

 

Pour sa part, le quotidien Assabah parle d’un «Hirak» du roi et du peuple qui met sur la sellette à la fois les partis politiques, les élites partisanes et les responsables de l’Administration.   

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