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Comment le PJD entend faire main basse sur les grandes villes en 2021

Par Mohamed Deychillaoui le 07/02/2019 à 22h26

Kiosque360. Le groupe parlementaire du PJD vient d’introduire une proposition de loi relative aux présidents des conseils d’arrondissement dans les grandes villes qu’il dirige actuellement. Mal lui en pris, puisque sa proposition, qualifiée d’électoraliste, a été unanimement rejetée.

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Le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et l’Union constitutionnelle (UC) ont unanimement rejeté une proposition de loi présentée par le groupe parlementaire de leur partenaire au gouvernement, le Parti de la justice et du développement (PJD). D’après le quotidien Assabah de ce vendredi 8 févier, le motif de ce rejet catégorique s’explique par les soupçons de «manœuvres électoralistes» tapies derrière cette proposition de loi aux relents également populistes, et qui ne vise qu'à renforcer la mainmise du PJD sur les grandes villes du royaume.

 

Le groupe parlementaire du PJD, sans la moindre consultation avec les autres partis, en particulier ceux de la majorité gouvernementale, a décidé de présenter en solo une proposition de loi qui viserait à obliger les présidents des conseils d’arrondissement à travailler à temps plein «à proximité de leurs électeurs». De même, et vu que la loi régissant les collectivités territoriales et les communes n’a été adoptée qu’en 2015, d’aucuns se demandent quelles sont les raisons qui ont poussé le PJD à tenter de modifier aussi rapidement un texte dont l’encre n’a pas encore séché.

 

Il est vrai que la plupart des présidents des conseils d’arrondissement élus sont des fonctionnaires de l’administration publique ou du privé, qui font juste de «petits crochets» à leur arrondissement pour signer un document ou en tout cas pour passer un minimum de temps dans leur circonscription électorale. Le PJD justifie donc sa proposition de loi par la nécessité pour ces élus d’être à proximité des administrés et de servir leurs électeurs.

 

Mais l’autre point louche dans cette tentative de modification de la loi apparaît quand on apprend que le PJD veut limiter son application aux seules grandes villes du royaume dont il dirige déjà le Conseil de la ville (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech…). Une manœuvre électoraliste qui n’a pas échappé aux adversaires du PJD, surtout que ce dernier est en train de retarder sciemment les chantiers de développement dans les grandes villes afin que leur inauguration coïncide avec le lancement des campagnes des prochaines élections de 2021.