Des Kabyles bloquent la route Alger-Tizi Ouzou pour protester contre une bavure militaire | www.le360.ma

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Tizi Ouzou

Les deux victimes kabyles de l'insoutenable légerté de l'armée algérienne.

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Des Kabyles bloquent la route Alger-Tizi Ouzou pour protester contre une bavure militaire

Par Ziad Alami le 26/08/2015 à 13h40 (mise à jour le 26/08/2015 à 14h07)

Deux citoyens kabyles innocents ont été retrouvés sans vie à l’intérieur de leur véhicule, complètement carbonisé. Pris pour des «terroristes», ils ont été criblés de balles par une patrouille de l’Armée nationale populaire (ANP). La colère est à son comble chez le peuple kabyle.

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L’affaire de la découverte à Tizi Ouzou, capitale du peuple kabyle, de deux corps complètement calcinés à l’intérieur de leur véhicule continue d’alimenter la colère alors que plus de trois jours se sont écoulés depuis son éclatement.

 

Les familles des victimes tragiques, soutenues par plusieurs centaines de citoyens kabyles, ont bloqué la route nationale 12 à hauteur de Tadmit, 17 km à l’Est de la wilaya de Tizi Ouzou, en protestation contre le refus des autorités d’élucider les circonstances de ce double meurtre odieux.

 

Les proches et les familles des victimes, tués à la fleur de l’âge, « sont certains qu’il s’agit d’une bavure militaire au vu des nombreux impacts de balles visibles sur la voiture carbonisée», relève le site d’information algérien «Tout sur l’Algérie», dans son édition de ce mercredi 26 août.

 

Relayant les témoignages des familles inconsolables, le TSA indique que les deux victimes innocentes, H. Soufiane (32 ans), père d’une petite fille et B. Arezki (25 ans), auraient été prises pour des terroristes par des militaires tristement célèbres pour leur gâchette facile.

 

Après avoir frappé à de nombreuses portes auprès des autorités civiles et militaires, les familles endeuillées, appuyées par des citoyens kabyles indignés, ont procédé au blocage de la route liant Tizi Ouzou à Boumerdes pour se faire entendre.

 

Seulement voilà, elles ont peu de chances que leurs voix soient entendues. Les citoyens kabyles sont traités comme des sous-citoyens par un régime algérien sourcilleux quant aux droits pourtant légitimes des Amazighs. Ses bavures contre la minorité mozabite, à Ghardaïa, sud de l’Algérie, en sont la preuve la plus affligeante.