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syndicats dialogue social

Un round du dialogue social. 

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Dialogue social: les véritables raisons du blocage

Par Fayza Senhaji le 13/12/2018 à 20h08 (mise à jour le 14/12/2018 à 00h00)

Kiosque360. Le blocage du dialogue social est généralement imputé à la question de la hausse des salaires. Or, la vraie raison du désaccord entre les syndicats et le gouvernement se trouverait ailleurs.

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Les syndicats jouent-ils un double jeu dans le cadre du dialogue social? Alors qu’ils disent avoir décidé de boycotter ce dernier en raison d'une proposition gouvernementale en deçà des attentes des employés qu’ils défendent, voici qu’Al Akhbar, dans son édition du vendredi 14 décembre, explique que le blocage a surtout pour vocation de mettre la pression sur l’Exécutif qui tente de promulguer au plus vite la loi sur les syndicats. Ce dernier est toujours enfoui dans les tiroirs de l’instance législative et les syndicats souhaitent que le gouvernement le retire car il inclut, dans sa version actuelle, des «barrières» réglementaires au travail syndical.

 

Parallèlement à cette posture adoptée par les syndicats, Al Akhbar rapporte que le ministre de l’Emploi, Mohamed Yatim, assure que le gouvernement est décidé à poursuivre les négociations jusqu’à ce qu’un accord satisfaisant les deux parties soit trouvé. Interrogé au Parlement sur le retrait des syndicats du dialogue social, le ministre tente de rassurer en expliquant que ces derniers ne se sont pas retirés du dialogue social lui-même, mais plutôt de la commission technique. Le dialogue social, lui, ne se tient qu’en présence du chef du gouvernement et des secrétaires généraux des différents syndicats.

 

Selon Al Akhbar, Mohamed Yatim assure que son gouvernement fait de la réussite du dialogue social une base de ses politiques publiques. C’est pourquoi il a tenu à l’institutionnaliser. Pour le ministre, le désaccord actuel se limite au volet lié à l’amélioration des revenus des travailleurs. Au moment où l’Exécutif propose une augmentation de 400 dirhams pour les fonctionnaires, les syndicats tiennent, selon lui, à ce que les mesures d’amélioration des revenus touchent à l’ensemble des travailleurs sans exception.