Driss Jettou subit les critiques virulentes des députés du PJD | www.le360.ma

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Driss Jettou, président de la Cour des comptes.

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Driss Jettou subit les critiques virulentes des députés du PJD

Par Mohamed Younsi le 27/07/2017 à 21h24

Kiosque 360. Les députés du PJD à la Chambre des représentants ont provoqué une autre polémique, au sein de l’Hémicycle, en s’attaquant au contenu du rapport de la Cour des comptes, allant jusqu’à remettre en cause la crédibilité de son premier président.

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«La meilleure défense réside dans l’attaque». C’est du moins la formule qu’ont appliquée les députés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) dans leur lecture du contenu du rapport de la Cour des comptes, présenté par son premier président, Driss Jettou, devant le Parlement.

En effet, les députés de la Lampe ont sorti leurs griffes et formulé de virulentes critiques à l’égard du rapport concernant les activités de la haute juridiction financière pour l’année 2015.

 

La cause de cette montée au créneau contre une haute juridiction s’explique par le fait que le rapport en question a mis à nu les dysfonctionnements qui ont émaillé la gestion de plusieurs institutions durant le mandat de l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, fait remarquer le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce vendredi 28 juillet.

Ainsi, des députés de la Lampe sont allés jusqu’à remettre en cause la crédibilité de la Cour des comptes, soulignant que «le gouvernement n’a de comptes à rendre qu’au Parlement qui dispose des prérogatives pour évaluer sa politique générale».

Et de préciser qu’«il n’est pas dans l’intérêt de l’édification constitutionnelle du pays d’introduire la Cour des comptes dans l’évaluation des choix gouvernementaux».

 

Le même constat a été dressé par le quotidien Al Massae, qui s’est fait également l'écho de ce sujet dans son édition de ce vendredi 28 juillet.

«Le PJD attaque Jettou et l’accuse d’avoir dépassé ses prérogatives de contrôle des finances publiques», titre le journal à sa Une, faisant remarquer que «les frères de Benkirane ont choisi la séance plénière consacrée au débat sur le contenu du rapport présenté par le premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou, devant le Parlement, pour formuler de virulentes critiques, accusant la haute juridiction financière du pays de plonger dans l’évaluation des politiques générales du gouvernement qui sont mises en œuvre par différents appareils de l’Etat».

 

Cette attitude hautement critique des députés du PJD à l’égard de la haute juridiction financière du royaume a également été rapportée par le quotidien Assabah qui, dans son édition de ce vendredi 28 juillet, affirme en effet que les députés du parti de la Lampe ont changé de champ de bataille, s’attaquant désormais au rapport de la Cour des comptes après avoir perdu les guéguerres qu’ils avaient déclarées à certains ministres du Rassemblement national des indépendants (RNI), pourtant allié stratégique de leur parti au gouvernement.

«Des membres de la Chambre des représentants n’ont pas compris les mobiles à l’origine des attaques du groupe parlementaire du PJD contre le premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou, victime d'accusations jugées graves et sans fondement», écrit le quotidien.  

 

Cette polémique provoquée par les députés de la Lampe au sein de l’Hémicycle a de même été abordée par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, dans son édition du même jour.

Le quotidien fait remarquer que le rapport en question a divisé les députés de la première Chambre du parlement. Ceux de la majorité, notamment les députés du PJD, ont ainsi accusé le premier président de la Cour des comptes d’avoir outrepassé ses droits en faisant passer sous la loupe de ses magistrats les politiques générales du gouvernement, alors que les groupes parlementaires de l’opposition ont salué les résultats d'un rapport qui s’inscrit dans le cadre de la mission dévolue à la Cour des comptes, une mission qui s’articule autour du contrôle supérieur des finances publiques et est dictée par les exigences de la bonne gouvernance, de la transparence et de la démocratie.