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Gestion communale: Rabat fait face à une grave crise financière

Par Amyne Asmlal le 11/12/2016 à 21h23 (mise à jour le 11/12/2016 à 21h36)

Kiosque360. Sur un budget total de près de 950 millions de dirhams, le Conseil de la ville de Rabat doit consacrer 80 millions de dirhams à l’exécution des jugements rendus, par les tribunaux, contre la ville.

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La ville de Rabat est au bord de la faillite. Par-delà ses maigres ressources, la Commune urbaine de la capitale fait face à des jugements rendus par différents tribunaux et portant sur pas moins de 80 millions de DH, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 12 décembre. 

Le Conseil de la ville, présidé par le député PJD Mohamed Sadiki, est d’autant plus embarrassé qu’il vient de signer une convention avec le tribunal administratif de Rabat, convention qui engage le Conseil à exécuter tous les jugements à caractère exécutoire rendus contre lui par la justice. Selon cet accord, le Conseil de la ville dispose néanmoins d’un délai moratoire de six mois renouvelables.

 

Le Conseil de la ville, dont les finances sont déjà dans le rouge, devra bien s’acquitter de cette somme. La question a d’ailleurs été débattue, affirme le journal, lors de la dernière session extraordinaire du Conseil qui a notamment été consacrée au budget de la ville. Certains conseillers ont constaté que la ville perdait de plus en plus facilement les procès qui lui étaient intentés. Aussi ont-ils appelé à changer d’avocat, dans un premier temps, au cas où la déferlante des jugements contre la ville serait due à son incompétence.

 

Quoi qu'il en soit, la situation financière de la ville reste floue. D’un côté, le projet de compte administratif de 2017 prévoit  945 millions de dirhams, dont 90% vont aux dépenses obligatoires de fonctionnement. A ces dépenses, s’ajoutent donc les 80 millions, soit un peu moins de 10%, qui seront réservés à l’exécution des jugements rendus contre la ville.

D’un autre côté, et sur le plan purement politique, le PJD qui gère la ville fera probablement adopter plus facilement le projet de budget 2017. Ainsi, la FGD et le PAM, les deux principales formations de l’opposition, ont déjà annoncé leur intention de s’abstenir de voter ce projet de budget qui prévoit beaucoup de dépenses et nettement moins de revenus.  

 

A noter que le Conseil de la ville de Rabat s’est déjà vu partiellement rejeter son budget 2016 par le ministère de l’Intérieur. Le problème se posait alors au niveau des dépenses d’équipement des arrondissements de la capitale et, plus précisément, des enveloppes allouées à l’eau et l’électricité. Ces dépenses n’ont pas été incluses dans les budgets réservés à ces arrondissements, ce qui va à l’encontre des dispositions de la Charte communale.

 

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