Istiqlal: L’heure de la reddition des comptes | www.le360.ma

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Hamid Chabat, Yasmina Baddou et Karim Ghellab

Hamid Chabat, Yasmina Baddou et Karim Ghellab, lors du congrès de l'Istiqlal, le 16 juin 2013 à Casablanca.

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Istiqlal: L’heure de la reddition des comptes

Par Abdelkader El-Aine le 18/09/2015 à 01h13 (mise à jour le 18/09/2015 à 08h41)

Kiosque360. Hamid Chabat, secrétaire général du parti de l’Istiqlal (PI), est dans une situation peu enviable. La cuisante défaite essuyée par sa formation politique, lors des élections du 4 septembre, le met sur la sellette. Les Isqlaliens se préparent à en découdre avec lui.

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Hamid Chabat a opéré une incroyable volte-face lors des élections des présidents des régions. Battu à plate couture dans la course à la présidence de la mairie de Fès, il a retiré sa candidature de la région Fès-Meknès à la dernière minute. Et de prendre tout le monde de court en votant pour son ennemi-juré du PJD (Parti de la justice et du développement), Driss El Azami.

 

Chabat est ensuite allé plus loin en annonçant son «soutien critique» au gouvernement Benkirane qu'il attaquait sans ménagement. Au point de dire, dans l’un de ses mémorables discours: «Le gouvernement Benkirane mérite l’enfer».  C’était il y a presque un mois. Une vidéo postée sur YouTube a immortalisé la colère inouïe du patron de l’Istiqlal contre le PJD et ses alliés.

 

En annonçant son départ de l’opposition, Chabat s'est mis sur le dos nombre de militants de son parti. Assabah se fait l’écho de ce courroux dans son édition de ce vendredi 18 septembre. Le quotidien arabophone se focalise surtout sur la réunion du Comité exécutif du PI qui doit avoir lieu aujourd’hui.

 

«Selon des sources au sein du parti, la réunion de ce vendredi sera tumultueuse. Elle devrait revenir sur la décision de quitter le gouvernement peu de temps après sa formation. Entre autres points cruciaux devant être abordés, le ralliement de l’opposition, les résultats des élections, la défaite à Fès de Chabat et sa répercussion sur le parti ainsi que la décision de quitter l’opposition», rapporte Assabah.

 

Cependant, le point d’orgue devrait être le «soutien critique» au gouvernement. Décision prise à la hâte et sans en référer aux instances du parti. «Surtout, souligne le journal, qu’elle intervient à la veille de la rentrée politique et de l’ouverture par le roi Mohammed VI de la session d’automne du Parlement, le 9 octobre, qui sera suivie par le vote du projet de la loi de finances, le 20 octobre».

 

Le Comité exécutif devrait convoquer le Conseil national qui sera certainement appelé à statuer sur la destitution de Hamid Chabat. D’autant plus que ce dernier avait promis de démissionner au cas où son parti n’obtiendrait pas la première place dans les élections communales et régionales. Une promesse immortalisée par une vidéo postée sur le Web et qui circule beaucoup ces derniers temps.
Les prochains jours s'annoncent donc durs, durs pour Chabat.