La plainte de Zakaria Moumni contre Abdellatif Hammouchi classée sans suite par le parquet de Paris | www.le360.ma

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La plainte de Zakaria Moumni contre Abdellatif Hammouchi classée sans suite par le parquet de Paris

Par Ziad Alami le 08/07/2016 à 18h41 (mise à jour le 08/07/2016 à 18h54)

Le parquet général de Paris vient de classer sans suite la plainte déposée par Zakaria Moumni contre le patron du pôle sécuritaire de la DGSN-DGST, Abdellatif Hammouchi, le 21 février 2014. Une «décision très logique», salue l’avocat de l’Etat marocain, Me Yves Repiquet.

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Fin de suspense sur le feuilleton rocambolesque entamé par Zakaria Moumni le 21 février 2014 quand il a déposé en France une plainte pour torture contre Abdellatif Hammouchi, alors patron de la seule DGST! Le Parquet général de Paris vient de classer sans suite la plainte de Moumni.

 

«Une décision très logique», salue l’avocat de l’Etat marocain, Me Yves Repiquet, dans une déclaration à Le360 ce vendredi 8 juillet. «Le classement sans suite de cette plainte par le Parquet de Paris est la conséquence des investigations très complètes qui ont été conduites par la justice marocaine», fait-il valoir.

 

«Le Parquet de Paris, après avoir examiné attentivement le rapport très circonstancié et très complet qui a été établi par la justice marocaine et transmis à l’autorité judiciaire française, en application du nouvel accord d’entraide judiciaire, a décidé naturellement de classer sans suite la plainte de Zakaria Moumni», relève encore Me Yves Repiquet. Et d’ajouter : «J’ai toujours pensé que la plainte est dépourvue de tout fondement ; elle n’était en fait qu’une tentative d’instrumentalisation de la justice à des fins étrangères à de prétendus actes de torture dont Moumni s’est dit mensongèrement victime».



Actes qui, comme l’a déjà précisé la justice marocaine, dans son rapport d’enquête transmis à la justice française en vertu du nouvel accord d’entraide judiciaire entre le Maroc et la France, «ne reposent sur aucun fondement, ni de fait ni de droit, aussi bien au niveau de la prétention d’enlèvement et de détention abusive, qu’au niveau de prétentions d’avoir subi de la torture et de mauvais traitements».



En avril 2016, la justice marocaine avait classé sans suite la plainte de Moumni et transmis à son homologue française ce jugement de 72 pages infirmant, point par point, les mensonges du plaignant, conformément aux dispositions de la nouvelle convention de coopération judiciaire signée entre le ministre Mustapha Ramid et l’ex-Garde des sceaux Christine Taubira, le 31 janvier 2015, et adoptée par les députés français le 23 juin de la même année.



Le nouveau dispositif prévoit, en effet, que les plaintes déposées en France seront désormais «prioritairement» renvoyées vers Rabat et vice-versa. Il s’agit d’un rétablissement de souveraineté du royaume qui n’a jamais demandé l’impunité pour ses responsables, comme voudraient le faire croire certains médias français, mais juste un traitement équitable des plaintes dont ils pourraient éventuellement faire l’objet. Cela permettrait d’éviter des crises diplomatiques enclenchées à la suite de vraies-fausses plaintes, à l’instar de celle de Moumni.



Fin d’un feuilleton science-fictionnel

Pour rappel, Zakaria Moumni, qui détient aussi la nationalité française, avait été arrêté en 2010 et condamné à trente mois de prison avant d’être gracié par le roi en février 2012. Depuis, il s’est livré à un véritable chantage à l’encontre des autorités marocaines. C’est ce que prouve un extrait d’une lettre adressée le 23 avril 2012 par Zakaria Moumni et son épouse à Mohand Laenser, alors ministre de l'Intérieur.



Dans cette lettre, les deux époux commencent par demander une réparation "des dommages moraux et traumatismes psychologiques" dont ils auraient été victimes. Cette réparation a un coût. Parce qu’il faut bien s’acquitter des dettes contractées par madame pendant que Zakaria Moumni purgeait sa peine de prison, de "payer les honoraires d'avocats, frais médicaux liés aux multiples et graves problèmes de santé auxquels elle a été confrontée". Et dans le dernier paragraphe de la lettre, Zakaria Moumni sort de son chapeau le projet d'une salle de sport et demande à l'Etat marocain de lui remettre 4.9 millions d'euros (plus de 50 millions de dirhams).

 

Rien que cela! Les mots de l'intéressé dans le courrier adressé à Laenser résonnent comme une tentative de racket, doublé de chantage. "Mais nous sommes aujourd'hui animés de bonne volonté pour aller de l'avant et repartir sur de nouvelles bases. Pour reconstruire notre vie, nous avons pensé à un projet de club de boxe professionnel à Paris où nous résidons. A lui seul, le prix du local que nous avons trouvé, d'une superficie de 435 mètres carrés, est de 4,9 millions d'euros. Nous contracterons un prêt bancaire pour le financement de l'équipement et l'aménagement du club en question".

 

Cette demande émane d'un homme qui joue aux victimes au nom de la morale et desDroits de l'Homme! Précisons, au passage, que Moumni est un féru de la rente et de l’argent facile puisqu’il a déjà obtenu deux agréments de taxi auprès de l’Etat marocain : le premier pour lui et le second pour son père. L’intéressé ne parle jamais de ces deux agréments dont il continue de jouir tout en menant un chantage caractérisé contre l’Etat. Le classement de sa plainte par le procureur général de Paris est un juste rappel de la suite d’affabulations d’un monsieur qui invente chaque mois une nouvelle histoire dans l’espoir de racketter l’Etat marocain.