Loi contre les violences faites aux femmes: des ONG partent en guerre contre Benkirane | www.le360.ma

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Bassima El Hakkaoui

Bassima El Hakkaoui, ministre de la Famille. 

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Loi contre les violences faites aux femmes: des ONG partent en guerre contre Benkirane

Par Mohamed Chakir Alaoui le 23/03/2016 à 00h24 (mise à jour le 23/03/2016 à 12h05)

Kiosque360. Le projet de loi gouvernementale relatif à la lutte contre les violences faites aux femmes n'a pas recueilli l'unanimité. En effet, près de 100 ONG de défense des droits de la femme affichent leur mécontentement.

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Sous le titre "les femmes déclenchent une tempête contre Benkirane", Assabah rapporte, dans sa version de ce mercredi 23 mars, que près de 100 ONG nationales comptent redoubler d'efforts jusqu'à obtenir la révision de ce texte. Elles estiment ainsi que certaines dispositions restent timides, tout comme "la définition de ce qu'on entend exactement par violence faite aux femmes" reste vague.

 

Les femmes reprochent à la ministre Bassima Hakkaoui d'avoir tergiversé pendant deux ans pour présenter un simple "projet de loi qui ne diffère en rien de sa première mouture".

Les ONG qualifient aussi de "clémentes" les peines prévues par ce texte, notamment contre le harcèlement sexuel. L'entourage de Benkirane et Hakkaoui voit, quant à lui, les choses autrement. "La définition du harcèlement sexuel envers la structure familiale et, surtout, entre époux et épouse, doit respecter un ordre sociétal régi notamment par les us et coutumes". "On ne peut déstabiliser les structures de la famille", a encore ajouté une source proche d'Abdelilah Benkirane.

 

Les ONG féminines balaient d'un revers de la main ces explications. Elles ont exprimé leur profonde déception à l'égard de ce projet de loi qu'elles estiment en retrait par rapport à la Consitution de 2011 et aux conventions internationales signées par le royaume. "Nous avons attendu plusieurs années un texte qui ne défend pas la cause de la femme victime de violences et de harcèlement", déclare le membre d'une ONG, notamment la Ligue démocratique des droits de la femme, cité par Assabah. Cette militante accuse ainsi le gouvernement d'avoir "présenté une miniature du code pénal en matière de répression de la violence, sous la forme d'un projet de loi ne criminalisant que certaines violations des droits de la femme", ignorant le développement de la société et trahissant l'esprit de la Constitution.

 

Ces ONG reprochent au texte, entre autres, un vide en matière d'expertise médicale et d'assistance psychiatrique en faveur des victimes, ainsi que dans le volet de la "répression du viol conjugal". Le projet de loi contre les violences faites aux femmes contient néanmoins des dispositions coercitives contre le harcèlement sexuel. "Toute personne accusée de harcèlement est passible d'une peine de six mois de prison ferme ainsi que d'une amende judiciaire de dix mille dhs", est-il spécifié. En outre, selon un autre article, "toute personne ayant publié des indications confidentielles et des photos sans le consentement de sa fiancée ou de son épouse est punie de cinq ans de réclusion".