Migration: le roi recadre l’Occident au Sommet de l’UA

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Revue de presseKiosque 360. Le roi Mohammed VI, désigné, lors du 28ème Sommet de l’UA, «leader de l’Union africaine sur la question de la migration», a présenté sa vision de l’«agenda africain pour la migration». Il s’agit, à la fois, d’un recadrage de la problématique et d'une vision stratégique.

Le 29/01/2018 à 20h54

Le discours du roi Mohammed VI au 30ème Sommet de l’Union africaine (UA), dont lecture a été donnée par le chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, à Addis-Abeba, s’est distingué, comme à l’accoutumée, par sa force perlocutoire. Cette fois-ci, la question de la migration était au cœur de la réflexion royale qui a tracé les jalons d'une action orientée vers le futur.

Ce discours est, en effet, un véritable plaidoyer, conçu en concertation avec de nombreux leaders africains, pour une gestion de la question de la migration préservant la dignité des migrants, garantissant le respect de leurs droits et l’amélioration des conditions d’accueil au sein de leur continent, tout en apportant un éclairage, chiffres à l’appui, sur la problématique.

A ce propos, «le leader de l’Union africaine sur la question de la migration» a proposé la création d’un Observatoire africain de la migration, dont le travail sera basé sur le triptyque «comprendre, anticiper et agir». Cette instance aura pour mission de «développer l’observation et l’échange d’informations entre les pays africains, afin de favoriser une gestion maîtrisée des flux migratoires. Le Maroc propose d’abriter cet Observatoire». 

Ainsi, les politiques des pays de l’Union africaine seront coordonnées par une instance chargée de la Migration, pour laquelle un poste d’envoyé spécial de l’UA sera créé. De même, a expliqué le souverain, «l’Agenda Africain pour la Migration peut instruire le processus d’élaboration du Pacte Mondial pour des Migrations sûres, ordonnées et régulières». 

Le quotidien Akhbar Al Yaoum, qui rapporte cette information dans son édition de ce mardi 30 janvier, affirme que le plaidoyer royal a été conçu selon une approche inclusive et participative. «La migration africaine est d’abord intra-africaine. Sur le plan mondial, la migration représente moins de 14% de la population. A l’échelle africaine, 4 migrants africains sur 5 restent dans le continent», a souligné le souverain. Et de préciser que «la migration n’appauvrit pas les pays d’accueil puisque 85% des revenus des migrants restent dans ces pays». De même, a ajouté le roi, «La migration est un phénomène naturel qui constitue la solution et non pas le problème. Nous devons adopter une perspective positive sur la question de la migration en mettant en avant la logique humaniste de responsabilité partagée et de solidarité».

Ainsi, le cadrage royal a ramené la question de «la migration à ses proportions réelles, loin des mythes qui en projettent une image scandaleusement déformée».

Par Mohamed Younsi
Le 29/01/2018 à 20h54