Nizar Baraka: «L’argent est disponible, mais la bonne gouvernance fait défaut» | www.le360.ma

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Nizar Baraka: «L’argent est disponible, mais la bonne gouvernance fait défaut»

Par Mohammed Ould Boah le 14/05/2018 à 23h37

Kiosque360. Nizar Baraka, président du CESE, a mis sa casquette de secrétaire général du Parti de l’Istiqlal (opposition), pour s’en prendre aux ministres et autres hauts responsables. Ils sont tous accusés de dilapider «l’argent du peuple» dans des «projets fantômes».

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Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), institution qu’il dirige depuis 2013, soit depuis le retrait de l’Istiqlal du gouvernement Benkirane I, vient de décocher des critiques pour le moins acerbes en direction des ministres et hauts responsables. Il se s’agit pas ici d’un avis du CESE, dans le cadre de ses missions consultatives, mais d’une sortie éminemment politique du secrétaire général d’un parti d’opposition, celui de la Balance.

 

Dans sa livraison de ce mardi 15 mai, le quotidien Assabah rapporte que Nizar Baraka vient de traiter certains ministres et haut commis de l’Etat de «menteurs», car ils justifient les retards accusés par les projets de développement qu’ils pilotent en arguant d'un manque de moyens financiers. Faux, dit-il, car «le Maroc ne manque ni d’argent, ni de moyens d’instaurer une bonne gouvernance», mais il est mal géré. Ce qui fait que les emplois, l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens et autres valeurs ajoutées attendus de ces projets de développement partent en fumée.

 

Les propos du président du CESE ont été déclinés lors de la tournée d’une délégation de l’Istiqlal, le week-end dernier, à Taounate, Ghafsai et Tifarent. Devant un parterre de cadres, militants et sympathisants de son parti, Nizar Baraka a aussi affirmé que les retards dans le développement économique des zones industrielles et le développement social en milieu urbain n’ont qu’une seule cause: la mauvaise gestion dont sont coupables ministres et hauts responsables. Ces derniers manquent, selon lui, de vision. Sinon, demande-t-il, «où vont tous ces milliards de dirhams consacrés chaque année à des projets de développement dont la majorité ne voit jamais le jour?»

 

Pour illustrer ses propos, Nizar Baraka cite en exemple le projet de la généralisation de l’information des écoles, qui visait à booster les capacités cognitives des apprenants et à élever leur niveau. Un échec, estime-t-il, car on a placé la charrue devant les bœufs du moment que des milliers d’établissement scolaires, au Maroc, ne disposent ni d’électricité, ni de réseaux téléphoniques et internet.
Haranguant les populations de Taounate, Ghafsai et Tifarent, le secrétaire général de l’Istiqlal leur a ouvertement affirmé qu’elles étaient complètement délaissées par le gouvernement actuel, au même titre que les populations des régions montagneuses, dont 80% vivent les affres de la pauvreté multiforme.

 

Reste que, pour justifier une compatibilité entre ses fonctions de président du CESE et de patron du parti de la Balance, Nizar Baraka ferait bien de consigner toutes ces critiques dans un rapport à adresser aussi bien au gouvernement qu’au Parlement, comme le lui permettent et le lui dictent ses attributions.