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Parlement: les députés absentéistes risquent des ponctions sur leur salaire

Par Amyne Asmlal le 09/08/2017 à 20h45 (mise à jour le 10/08/2017 à 09h26)

Kiosque360. Les députés absentéistes risquent désormais, à partir de la troisième absence non justifiée, de voir réduire de leur salaire l’équivalent des jours manqués. C’est l’une des nouveautés apportées par l’amendement du règlement intérieur de la Chambre des représentants.

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Cette fois sera peut-être la bonne. Les députés qui s’absentent plus de deux fois sans justification, pendant les séances plénières ou durant les travaux des commissions, verront leur salaire emputé de la somme correspondant aux jours d’absence. Cette décision a été entérinée par le nouveau règlement intérieur de la première Chambre, adopté mardi dernier, affirme le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 10 août.

 

Concrètement, explique le journal, pour une première absence non justifiée, le député se voit adresser un avertissement écrit. A la deuxième absence pendant la même session, que ce soit à la séance plénière ou aux travaux des commissions, il reçoit un deuxième avertissement écrit avec, en sus, la citation de son nom pendant la séance plénière suivante et sa publication dans le BO de la Chambre. A partir de la troisième absence non justifiée, la Chambre procède à la retenue des jours d’absence sur son salaire.

 

Le journal affirme qu'il ne s'agit pas là du seul amendement important apporté au règlement intérieur de la Chambre. La nouvelle version de ce texte, qui équivaut à une loi, a également apporté un changement au niveau de la programmation des séances plénières et des questions orales. Elles auront lieu désormais chaque lundi, au lieu de mardi. Cet aménagement n’est, bien sûr, pas pour plaire au personnel administratif de la Chambre. En effet, les fonctionnaires de la Chambre, qui sont tenus de préparer les travaux de la séance 24 heures auparavant, doivent désormais travailler en fin de semaine pour que tout soit prêt lundi.

 

La nouvelle version du règlement intérieur affranchit, de même, les groupes parlementaires de l’emprise des bureaux politiques de leurs partis. Ce sont désormais les membres du groupe parlementaire qui doivent élire démocratiquement leur bureau, composé d’un président et d’au moins deux membres. En d’autres termes, les bureaux politiques des partis et autres instances exécutives n’auront plus leur mot à dire dans la désignation du chef du groupe parlementaire.

 

Par ailleurs, affirme le journal, le nombre des députés nécessaire pour former un groupe reste inchangé. Il est maintenu au nombre de 20, ce qui a été une grande déception pour le PPS qui espérait voir ce nombre réduit à 12, confie le journal. Pour le reste, le nouveau règlement maintient la clause selon laquelle la commission de la Justice de la législation et des droits de l’Homme doit être présidée par un parti de l’opposition. C’est désormais le cas, également, de la commission du contrôle des finances publiques dont la présidence est accordée en priorité à l’opposition. La commission, rappelons-le, est dirigée par le PJD depuis sa création.

 

Globalement, cette réforme s’inscrit dans le cadre d'une lecture critique et évaluative, après trois ans de mise en œuvre, des dispositions du règlement intérieur et des dysfonctionnements constatés dans la pratique. Le projet de réforme du règlement intérieur de la Chambre a porté sur plusieurs axes concernant essentiellement sa structuration et plusieurs nouvelles dispositions. Sur le fond, cette réforme a concerné environ 40 amendements de fond touchant plusieurs axes centraux.

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