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El Othmani Conseil de gouvernement
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Postes ministériels: le gouvernement fait face à un nouveau blocage

Par Amyne Asmlal le 06/12/2017 à 21h19

Kiosque360. Alors que se préparent le congrès du PJD et les élections partielles, le PJD accuse de nouveau le RNI de bloquer le gouvernement et le soupçonne de vouloir s’emparer des départements de l'Education et de la Santé.

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Le gouvernement se heurte à un nouveau blocage. En effet, le remaniement ministériel, attendu depuis plusieurs semaines, risque de se prolonger, affirme le quotidien Assabah qui, dans sa livraison du jeudi 7 décembre, cite des sources bien informées. Selon le journal, la majorité gouvernementale pourrait voir s'aggraver les dissensions, au vu des prises de position, jugées rigides, du PJD et du chef du gouvernement.

 

Ainsi, note Assabah, alors que Saâd-Eddine El Othmani s’accroche à une interprétation littérale du communiqué du Cabinet royal qui a annoncé le limogeage de quatre membres du gouvernement, son parti soupçonne le RNI de vouloir mettre la main sur les ministères de l’Education nationale et de la Santé. C’est, du moins, ce que croient savoir certaines parties du PJD qui, d'ailleurs, imputent au RNI la responsabilité de ce nouveau blocage pour avoir voulu imposer un remaniement élargi du gouvernement.    

 

Pour étayer cette thèse, ces mêmes parties renvoient au dernier discours du président du RNI, prononcé récemment à Tanger et dans lequel Akhannouch affirme le grand intérêt que son parti accorde aux deux secteurs de l'Education et de la Santé. Ce que les islamistes du PJD ont interprété comme une volonté du RNI de s’emparer de ces deux départements. A ce propos, note le journal, Saâd-Eddine El Othmani préférerait, plutôt que d’affronter le RNI, le confronter au MP et au PPS, deux autres membres de la majorité, qui, eux, auraient déjà présenté des candidats à ces deux ministères. 

 

Or, d’après le journal, les propos du président du RNI ont été mal interprétés. Aziz Akhannouch n’a, à aucun moment, évoqué le gouvernement lors de ce discours prononcé lors du congrès régional de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Il parlait du projet social du RNI et de l’intention du parti de s’imposer aux prochaines élections législatives en se fixant comme priorités des questions d’ordre social comme l’enseignement, la santé et le chômage.

 

Par ailleurs, précise le journal, le climat dans lequel se déroulent les élections partielles, ce jeudi 7 décembre, accentue davantage ce blocage gouvernemental. En effet, El Othmani a décidé de se rendre personnellement sur le terrain, en campagne, d’abord pour tenter de mettre fin à la série de défaites électorales du PJD, ensuite et surtout pour freiner la lancée du RNI qui, lui, a renforcé, à l’occasion des derniers élections partielles, sa présence dans la région de Souss-Massa.

 

Ainsi, explique le journal, alors que le PJD a décidé de ne pas se présenter à Sidi Ifni de peur d’un nouvel échec électoral, il est descendu de tout son poids à Inezgane où le chef du gouvernement a présidé personnellement un meeting et où le PJD affronte un jeune candidat RNI de 27 ans. Ce que le journal considère d’ailleurs comme une première puisqu’aucun chef de gouvernement n’a jamais, auparavant, fait campagne sur le terrain, pour son parti, à l’occasion des élections partielles. 

  

Pour en revenir au remaniement gouvernemental, Assabah conclut que, quoi qu’en pensent le PJD et le chef du gouvernement, il s’agira bien d’un remaniement élargi et non pas d’un simple «rafistolage» où un ministre partant serait remplacé par une personnalité du même parti. C’est une réalité imposée, d’ailleurs, par la nécessité d’incorporer à l’architecture gouvernementale un nouveau département chargé des Affaires africaines.