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Rentrée sociale: le gouvernement face aux syndicats

Par Amyne Asmlal le 05/09/2018 à 21h17

Kiosque360. Le gouvernement fait face, en cette rentrée sociale, à la grogne des enseignants contractuels, du personnel de la Santé et des professionnels du Transport. Pendant ce temps, le dialogue social reste au point mort.

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Une rentrée sociale mouvementée attend le gouvernement, avec des grèves en série et un dialogue social à l’arrêt. Ainsi, alors que les écoles ont rouvert mercredi, les rues de Rabat sont toujours le théâtre d’un bras de fer entre le gouvernement et les enseignants contractuels, note le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans sa livraison du jeudi 6 septembre. Et, pour ne rien arranger, le retour des vacances s’accompagne également, cette année, d’une polémique autour de l’introduction de certains termes en «darija» dans les manuels scolaires d’arabe de l’enseignement primaire.

 

La Santé et le Transport connaissent, de même, un mouvement de grève en cette rentrée sociale, ajoute le quotidien.

Concernant les enseignants contractuels, le gouvernement estime que les termes de leur contrat sont clairs depuis le début, précise le journal. L’Exécutif a d'ailleurs réagi en rassurant les contestataires à propos des garanties que leur offre leur statut. Pour sa part, la coordination des enseignants contractuels soutient que la proposition du gouvernement de les intégrer parmi le personnel des AREF, avec tous les avantages dont bénéficient les fonctionnaires de ces dernières, n’est qu’un leurre. «Cette proposition n’apporte rien de nouveau. Elle ne fait qu’aggraver notre asservissement», affirme un responsable de la coordination cité par Al Ahdath Al Maghribia. Pour les concernés, la solution est dans l’intégration directe dans le corps des fonctionnaires du ministère. Ce que le gouvernement refuse, bien sûr.

 

Pour ce qui est du mouvement social chez les «blouses blanches», la situation n’est pas plus reluisante. Les médecins, infirmiers et techniciens du ministère de la Santé ne sont pas près de baisser les bras, eux non plus, dans le conflit qui les oppose au ministre de tutelle Anas Doukkali, du PPS. Ils projettent à nouveau de paralyser les établissements de santé, exception faite des services des urgences et de réanimation, à coup de grèves nationales dont les dates n’ont pas encore été annoncées.

 

Pourtant, note le journal, le souverain a bien insisté, dans le dernier discours du Trône, sur la nécessité d'une reprise du dialogue social dans la sérénité et en toute responsabilité. Malgré cet appel à l’ordre, souligne Allal Belarbi, dirigeant syndical (CDT), l’année démarre dans le même climat d’inquiétude qui a caractérisé la fin de l’année dernière. Le dialogue social reste un simple slogan, faute de clarté, de diagnostic et d’actions, ajoute le responsable syndical.

 

Le responsable de la CDT est revenu, d’ailleurs, sur la rentrée scolaire en évoquant les attentes que suscite, auprès des citoyens, le nouveau projet de loi-cadre relatif à la réforme de l’enseignement. Il estime, en outre, que l’introduction de termes en «darija» dans les manuels scolaires et la polémique qui s’est ensuivie ne font que perturber cette réforme. Quant à la situation des contractuels, elle est, affirme le responsable syndical, tributaire d’une bonne volonté de la part des deux parties.

 

Cela dit, Al Ahdath Al Maghribia souligne que, si le gouvernement érigeait la reprise du dialogue social en priorité, en application des directives royales, il devrait faire face aux revendications des syndicats, exprimées lors des négociations d’avril dernier, revendications à la tête desquelles figure une augmentation générale des salaires.