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Cover_Vidéo: Le360.ma •Genève: voici l’arrivée et les coulisses de la 2ème session de la table ronde
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Sahara: la paix des sables se fera-t-elle à Genève?

Par M'Hamed Hamrouch le 06/12/2018 à 18h25 (mise à jour le 06/12/2018 à 18h47)

Plusieurs indicateurs positifs sont certes envoyés depuis Genève, où les premiers pourparlers quadripartites (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario) viennent de s’achever sous l’égide de l’ONU. Le chemin reste toutefois long à parcourir pour conclure la «paix des sables». Cadrage.

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La première manche des pourparlers sur le Sahara s’est déroulée dans «un climat serein». Ainsi se présente la première phrase de «la Déclaration de Genève» qui a sanctionné les premiers pourparlers quadripartites (Maroc, Algérie, Polisario et Mauritanie), sous la présidence de l’émissaire du SG de l’ONU pour le Sahara, l’ancien président allemand Horst Köhler.

 

Lors du premier jour des pourparlers, hier mercredi 5 décembre, on a même entendu le MAE algérien, Abdelkader Messahel, lancer à la cantonade un certain: «On a bien rigolé!», avant de s’engouffrer dans sa voiture, à l’issue d’une séance de «warming» d’un processus bloqué depuis mars 2012, en raison de la position contreproductive d’Alger, parrain officiel du Polisario.

 

Quand on sait que ce faux conflit co-créé par Alger et l’ancien satrape de Tripoli, Mouammar Kadhafi, a fait autant de drames inutiles, déchiré les membres de la même famille, divisé les enfants du même pays, fait des veuves et des orphelins restés  inconsolables, parler de «rigolade» relève, sinon de l’inconscience ignominieuse, du moins du cynisme primitif.

 

Genève: quand les élus du Sahara sont traités de «traîtres» par le front séparatiste du Polisario

 

Mais passons, car là n’est pas la question. Le premier paragraphe de la «Déclaration de Genève» trace définitivement le cadre de la tenue de la table ronde qui est celui fixé par la résolution 2440, adoptée fin octobre dernier. Il n’est donc pas besoin de rappeler à l’impénitent Messahel que cette même résolution pointe Alger comme «partie» au conflit et lui demande de «s’impliquer pleinement» dans les efforts pour trouver une solution politique réaliste, pragmatique et durable au différend régional autour du Sahara.

 

Vous avez bien lu: différend régional. Ce qui revient à dire que toute solution à ce même différend doit être forcément RÉGIONALE. La présence d’Alger à la même table avec le Maroc relègue -et c’est un nouveau signal positif- le Polisario au dernier plan, à juste titre d’ailleurs. La nouvelle direction de l’ONU est bel et bien consciente du rôle délétère qu’Alger s'évertue à  jouer pour bloquer toute issue à ce différend qui n’a que trop hypothéqué l’avenir de «l’intégration régionale» (thème de cette première table ronde), sans compter évidemment cette population retenue contre son gré durant 43 ans dans les camps de Lahmada, en Algérie.

 

Autre signal envoyé depuis Genève, et il n'est pas des moindres. L’ONU intègre de facto un nouveau paramètre longtemps mis sous le boisseau, en l’occurence la représentation de cette majorité silencieuse du sud marocain qui n’avait pas voix au chapitre nonobstant le fait qu’elle représente les deux tiers de la population sahraouie, contrairement à celle des camps de Lahmada, qui ne constitue que le tiers de la population concernée (pas plus que 20.000 sahraouis)!

 

La présence en force des élus du Sahara aux pourparlers de Genève est en effet un acquis majeur pour la première cause nationale. Sidi Hamdi Ould Errachid, président de la Région Laâyoune-Sakia Al Hamra, Anja Al Khanat, président de la Région Dakhla-Oued Eddaha et Amina Adli, membre du Conseil municipal d’es-Smara et acteur associatif ont ainsi dignement représenté cette majorité sahraouie indéfectiblement attachée à sa mère-patrie.

 

Acquis majeur, parce que cette participation tord le cou à l’allégation incongrue et inacceptable selon laquelle le Polisario serait «le représentant exclusif des sahraouis»! Il est d’autant plus significatif que nos compatriotes du sud sont investis en vertu d’élections libres, transparentes et démocratiques, de l’aveu même de l’ONU. Ce n’est pourtant pas le cas des soi-disant «représentants» polisariens, qui sont plutôt désignés et imposés par Alger à la population séquestrée.

 

Ces acquis réunis ne doivent toutefois pas amener à relâcher la pression. Aucun engagement n’a d'ailleurs été pris à Genève, hormis l’appel à la tenue d’une seconde table ronde, lors du premier trimestre de 2019.

 

Le chemin reste ainsi long à parcourir pour parvenir à la «paix des sables». "La paix des braves". Et ce n’est pas demain la veille qu’Alger, marionnettiste du Polisario, renoncera à son comportement retors et résolument hostile au Maroc.