Taïeb Baccouche: "le discours royal, un message fort pour la relance de l'édifice maghrébin" | www.le360.ma

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Taïeb Baccouche

Taïeb Baccouche, secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe (UMA).

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Taïeb Baccouche: "le discours royal, un message fort pour la relance de l'édifice maghrébin"

Par Le360 (avec MAP) le 07/11/2018 à 18h49

Le discours prononcé hier mardi, par le roi Mohammed VI à l'occasion du 43e anniversaire de la Marche Verte est porteur de messages forts visant la relance de l'édifice maghrébin, a affirmé , ce mercredi à Tunis, le Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Taïeb Baccouche.

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"La mise en place d'un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation entre le Maroc et l'Algérie, auquel SM le Roi Mohammed VI a appelé à l'occasion de l'anniversaire de la Marche Verte, constituera une étape importante dans la marche de l'Union, ainsi que pour réaliser les aspirations de ses peuples", a-t-il déclaré à la MAP en marge des travaux du Sommet bancaire maghrébin ouverts ce mercredi à Gammarth dans la banlieue de Tunis. Il s'agit d'un "signal fort" qui traduit la volonté de relancer l'Union du Maghreb Arabe, a-t-il expliqué.

 

Taïeb Baccouche a ajouté que le discours royal, qui a insisté sur l'impératif de donner une nouvelle impulsion à l'UMA, a constitué un appel franc pour un dialogue direct et sincère avec les frères algériens à travers la création de ce mécanisme.

 

Dans ce sens, il s'est déclaré "convaincu" que "les frères algériens vont répondre favorablement à cette initiative" qui sera certainement couronnée de succès. Et d’ajouter que les prochains mois pourraient ouvrir de nouveaux horizons et faire naître de sérieux espoirs afin de faire bouger la situation vers le meilleur. D’ailleurs, affirme t-il encore, des efforts sont menés dans ce sens et qui sont illustrés par certains indicateurs dont notamment la position exprimée par le souverain. 

 

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Il a par ailleurs souligné que les pays de la région sont appelés de plus en plus à accélérer la consolidation des bases d'intégration maghrébine, soulignant que ces pays n'avaient d'autres choix que d'aller de l'avant pour créer un marché économique commun afin de permettre une intégration fluide du Maghreb dans l'espace africain et euro-méditerranéen.

 

Il a ajouté que malgré les difficultés conjoncturelles rencontrées, il était possible, grâce aux efforts concertés des pays de la région, de développer un système législatif et institutionnel ainsi que des cadres de coopération couvrant divers domaines politique, économique, commercial et financier, permettant ainsi de créer le cadre approprié pour le processus d'intégration du Maghreb. L’édification de l’UMA viendra avec l’élargissement des échanges dans la région et la réalisation de la complémentarité économique avec l’objectif de parvenir à l’étape de l’intégration, a déclaré Baccouche.

 

Pour sa part, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane El Abbassi a salué l'initiative royale d'appeler à la création d'un mécanisme politique conjoint qui devra s’engager à examiner toutes les questions bilatérales pour parvenir à des solutions objectifs. 

 

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Dans ce sens, il a qualifié de "douloureuse" la situation dans laquelle pâtît l'Union du Maghreb Arabe, rappelant que le commerce intra-maghrébin représente seulement environ 3 % du total du commerce extérieur des cinq pays de la région.

 

Tout en faisant savoir que la région dispose d'énorme potentialités économiques et naturelles, il a souligné que le non-Maghreb est très coûteux pour tous les pays et provoque des pertes annuelles de 1 % du PIB de chaque pays. Cette situation a des répercussions directes sur les économies des pays de la région, qui sont appelés à prospecter de nouveaux créneaux de coopération pour relancer l'UMA et répondre aux attentes de ses peuples, a-t-il insisté. Il est impératif de créer une nouvelle dynamique pour surmonter les écueils qui se dressent devant le développement de l'Union, a-t-il enchaîné.

 

Organisé sous le thème "l’Evolution de l’activité bancaire : défis et perspectives pour les banques maghrébines", ce sommet auquel le Maroc est représenté par El Hadi Chaibainou, DG du Groupement professionnel des banques marocaines (GPBM) débattra, deux jours durant, de thèmes portant particulièrement sur la banque maghrébine de demain, la digitalisation de la banque: les évolutions réglementaires et la transformation de la banque traditionnelle et des réseaux bancaires, ainsi que les nouveaux services grâce au Big Data, Blockchain, IA, et autres innovations. 

 

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Les Banques et l’intégration économique du Maghreb : défis et perspectives, la conformité aux nouvelles normes internationales de lutte anti-blanchiment d’argent pour les banques du Maghreb et la place pour la finance islamique dans le paysage financier maghrébin seront au programme des panels de ce sommet.

 

L’Union des Banques maghrébines (UBM) a été créée, le 7 décembre 1990, à l’initiative des Présidents des Banques des cinq pays du Maghreb à savoir le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie.