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Vidéo. Grand Format. Mustapha Ramid: mes valeurs, le PJD, Facebook, Maelainine et moi

Par Mohamed Chakir Alaoui le 03/02/2019 à 11h54

Pour Le360, Mustapha Ramid, à la fois l’enfant terrible du PJD et son principal ténor, est revenu sur les sujets chauds du moment. Et c’est effectivement, pour le moins que l'on puisse dire, «chaud». Entretien.

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Nous sommes bien d'accord, Mustapha Ramid, ministre d’Etat en charge des Droits de l’homme, est une bête politique. S’entretenir avec lui, c’est mesurer à quel point il maintient, et défend bien, ses positions. Radical sur nombre de questions, cet avocat chevronné, extrêmement précis sur les mots, a ce mérite, rare au Maroc: de la cohérence dans les idées. 

 

Véritable faucon du Parti justice et développement, islamiste convaincu, celui qui a ses bureaux accollés à ceux du chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, n'entend rien lâcher. Voici, point par point, ce qu’il nous dit dans Grand Format, votre émission sur Le360.

 

Du plan national des droits de l’homme

Il en est l’architecte et le grand défenseur. Mustapha Ramid a été jusqu’à bouder la tenue de nombre de conseils de gouvernement, pour bien marquer son opposition quant au retard pris dans son adoption. Était-ce la bonne manière de procéder? Ramid concède que non, sans toutefois le dire clairement «Mais ce problème est réglé. Grâce à Sa Majesté, ce plan est en chemin», nous dit-il. Et de promettre: «C’est un plan d’action concret, et il s’agit des droits de l’homme tels qu’universellement reconnus». Ok.

 

Mais le référentiel islamise de celui qui le porte, alors?

«Ce n’est pas le plan d’un gouvernement ou d’une partie en particulier, mais celui de tous. C’est ainsi qu’il se fonde sur le consensus (entre le gouvernement, la société civile, les médias, etc., Ndlr). Même en ce qui concerne les libertés individuelles», nous assure Ramid. «Il y a évidemment des points de discorde qui feront l’objet de larges débats et d’un dialogue national au cours de l’année 2019», révèle-t-il par ailleurs. 

 

Mais on connaît les positions de Ramid sur des questions comme la peine de mort…

«Oui, je suis opposé au principe de la suppression de la peine de mort dans le code pénal. Mais je suis favorable à la réduction des crimes passibles de cette peine, pour se limiter au crimes dangereux. Sauf si la société marocaine en décide autrement. Et là, j’accepterai», affirme Mustapha Ramid. Dont acte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De ses sorties impromptues sur Facebook

Que ce soit pour clasher ses détracteurs politiques, le Rassemblement national des indépendants, par exemple, incarné par son président Aziz Akhannouch en particulier, ou encore pour crier à l’injustice s’agissant de son «frère», Abdelali Hamieddine, Ramid n’hésite pas à utiliser Facebook, pour y aller franco. Et certainement pas de main morte.

 

«Ce n’est pas en tant que ministre que je m’exprime, mais en tant que Mustapha Ramid. Libre à chacun de choisir le canal qui lui sied pour parler», nous dit celui qui, par ailleurs, affirme être un grand fan de musique classique arabe, de Mohamed Abdelouahab à Abdel Halim Hafez et de bien d'autres...

 

De Amina Maelainine et du voile

Tout le PJD s’est ligué autour d'Amina Maelainine, mais pas lui. Les apparitions à Paris, photos à l’appui, de la députée islamiste sans son voile, une première fois devant Le Moulin Rouge, une autre sous le regard aimant de la Vierge Marie, ont fait scandale. La concernée, tout comme sa formation politique, se sont cachés derrière les libertés individuelles. Ramid n’en a cure. «Le parti doit et va se prononcer sur cet écart avéré. "Soeur Amina" s’est présentée à nous comme à ses électeurs avec un habit distinct qui renseigne sur les valeurs que nous portons. Et elle n’a nullement le droit d’avoir deux visages», tranche Ramid.

 

Et tout particulièrement sur ce sujet brûlant, Mustapha Ramid nous apprend qu'une décision du parti est incessamment attendue.