Affaire Bouachrine: sexe, perversion et sadisme | www.le360.ma

ع
Taoufik Bouachrine
© Copyright : DR

Affaire Bouachrine: sexe, perversion et sadisme

Par Zineb El Ouilani le 16/05/2018 à 02h08

Kiosque. C'est un récit d'une insoutenable cruauté qu'a livré, devant la Cour d'appel de Casablanca, l'une des victimes de Taoufiq Bouachrine. Les détails.

aA

C’est le portrait d’un pervers sexuel qu’a dressé A.H. de son patron, Taoufiq Bouachrine, fondateur et directeur de publication du quotidien Akhbar Al Yaoum, poursuivi devant la Cour d’appel de Casablanca pour traite d’êtres humains, viols et tentatives de viol.

 

Dans un récit insoutenable, la secrétaire a révélé un caractère sadique et des pratiques subversives. «Il me rouait de coups, me maltraitait… Avec lui, je me sentais comme une poupée sexuelle. Il a eu des rapports sexuels avec moi durant ma grossesse. Il m’écrasait le ventre et ne faisait pas attention à mes plaintes…», a ainsi déclaré A. H. devant la Cour, rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce mercredi 16 mai.

 

Face à la cruauté des déclarations de sa collaboratrice, qui a décrit l’indicible calvaire infligé par un homme qui s’était habitué à abuser d’elle de la manière la plus ignoble, Bouachrine a quitté la salle d’audience, ajoute le quotidien. «Il n’a pas le courage de m’affronter», a alors déclaré la plaignante.

 

«J’étais une esclave sexuelle. Il me demandait de lui lécher les pieds  et les doigts», a encore révélé la jeune femme avant de s’adresser au président de la Cour: «Le jour de son arrestation a été le jour où j’ai retrouvé ma liberté. Je n’en pouvais plus de sa violence et je n’avais plus la force de lui résister».

 

Selon les sources d’Al Ahdath, l’éditorialiste exploitait sexuellement la plaignante depuis 2012. Celle-ci a précisé qu’il l’obligeait régulièrement à avoir des rapports sexuels, même durant sa grossesse, et que cela avait duré jusqu’à son accouchement.

La plaignante, qui avait l’air de se libérer des chaînes de plusieurs années d’exploitation, a déclaré qu’elle n’avait pas le droit de dire non. «Il me disait que je lui appartenais. J’avais l’impression d’être son esclave».

 

Selon les déclarations de la plaignante, Bouachrine l’aurait obligée à subir ses assauts même durant les nuits de Ramadan. Il lui demandait aussi d’entretenir une relation avec une autre femme, S. L., et exigeait d’elle de monter sa jouissance. «Je me suis retrouvée piégée avec lui et je suis devenue soumise. Il ne pense qu’au sexe. J’ai vécu la cruauté d’une expérience dégradante, pleine d’humiliations».