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Prière 2

Les Marocains célèbrent l'Aïd al-Adha. 

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Aïd al-Adha au Maroc, un rituel religieux aux portées multiples

Par Le360 (avec MAP) le 01/09/2017 à 13h26 (mise à jour le 01/09/2017 à 14h30)

Non seulement Aïd al-Adha est un rituel religieux mais c'est aussi l'occasion idoine pour consolider les liens familiaux et revigorer les coutumes et les traditions ancestrales qui font la particularité du cachet marocain.

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Commémorant la foi et la miséricorde, Aïd al-Adha demeure incontestablement l’un des rituels les plus importants de l’Islam. Célébré le dixième jour du mois lunaire de Dou Al-Hijja, il marque la soumission du prophète Ibrahim à Dieu, qui lui demanda de sacrifier son fils, Ismaïl, pour prouver sa foi. Alors qu’Ibrahim s’apprêtait à exécuter l’ordre divin, l’ange Jibril arrêta son geste et remplaça Ismaïl par un bélier, qui fut immolé à la place du jeune homme. La foi du prophète, mise à l’épreuve, a été récompensée par le Tout-Puissant.

 

L’importante signification de ce rituel religieux émane également du fait qu’il marque la clôture du hajj, cinquième pilier de l’islam.

 

Au Maroc, de nombreuses traditions accompagnent cette fête religieuse, la plus marquante étant le sacrifice d’un mouton, âgé d’au moins un an. Suite à la prière de l’Aïd, la coutume commande au chef de famille d’égorger le bélier en utilisant un couteau bien aiguisé afin d’alléger ses souffrances.

 

Outre le sacrifice, cette fête est une opportunité pour les familles marocaines de renforcer les liens qui les unissent, en échangeant des visites et en se rassemblant autour de la même table pour partager des plats et mets traditionnels délicieux.

 

L’Aïd al-Adha est également synonyme de ruée vers les marchés dédiés aux tenues traditionnelles (Beldi), où les Marocains se procurent de nouveaux vêtements traditionnels destinés à agrémenter l'ambiance de cette fête sacrée.

 

Cet engouement particulier, pareil à celui du mois de ramadan et d’Aïd al-Fitr, est affiché durant cette période pour les djellabas, gandouras, caftans, ainsi que pour les jabadors qui sont de rigueur pour la prière de l’Aïd précédant le sacrifice.

 

La majorité des marques de prêt-à-porter internationales ont, d’ailleurs, pris conscience de la prépondérance de cette part de marché qu’elles ciblent désormais, notamment en lançant des collections de vêtements spéciales pour les fêtes religieuses.

 

C’est également l’opportunité pour les artisans locaux de faire valoir leur savoir-faire et rentabiliser leur activité.

 

La portée économique de cette fête ne peut pas passer inaperçue puisque l’activité des éleveurs du cheptel devient prospère et nombre de petits métiers informels.

 

En effet, des activités corollaires au rituel du sacrifice envahissent les rues et boulevards des villes marocaines, allant du transport des moutons à la vente du charbon et de la pâture, en passant par l’aiguisage des couteaux et la collecte des peaux.

 

Toutefois, le revers de la médaille fait que cette fête coïncide avec la rentrée scolaire, ce qui engendre des dépenses conséquentes qui pèsent lourd sur le portefeuille du consommateur, l’obligeant parfois à s’endetter.

 

Le recours aux crédits auprès des établissements de financement qui lancent des offres spéciales en cette période, ou auprès d’amis et de la famille reste pour bon nombre de Marocains le seul moyen pour faire face à ces dépenses gargantuesques.

 

En revanche, il n’y a pas que l’aspect festif qui caractérise cette occasion. L’accroissement des déchets ménagers, les restes de barbecues improvisés et les odeurs nauséabondes qu'ils dégagent dénaturent les villes qui, à leur tour organisent, à cette occasion, des campagnes de sensibilisation et déploient les moyens adaptés pour remédier à cette situation qui touche particulièrement l'aspect écologique.

 

Autant en emporte le vent! Aïd al-Adha demeure une fête d’exception qui rappelle la source partagée des trois religions monothéistes et rassemble un milliard et demi de musulmans à travers le monde dans une ambiance de piété, de joie, de convivialité et de générosité.

 

Par Soundousse Benaboud et Mohamed Saad Bouyafri