Arrestation du baron de la drogue le plus recherché au Maroc | www.le360.ma

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Arrestation du baron de la drogue le plus recherché au Maroc

Par Ziad Alami le 25/09/2014 à 08h17 (mise à jour le 25/09/2014 à 08h19)

Kiosque360. Le cerveau du réseau de trafic de cocaïne démantelé à Marrakech est tombé à M’Diq dans la nuit de mardi à mercredi, dans une embuscade savamment préparée.

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Plus de deux semaines après la saisie spectaculaire de 226 kilos de cocaïne, à Marrakech, la plus grosse prise jamais réalisée au Maroc, l’énigme de ce dangereux trafic, son réseau aux ramifications tricontinentales, va enfin pouvoir être élucidée. Le cerveau de ce réseau, disparu de la nature aussitôt après l’annonce de cette saisie record, a été arrêté dans la nuit de mardi à mercredi à M’Diq, dans une embuscade savamment orchestrée par les services de sécurité, annoncent les principaux titres de la presse écrite, dans leur édition du jeudi 25 septembre. "Après une cavale de plus de deux semaines, les services réussissent à arrêter le cerveau de l’antenne marocaine du réseau international de trafic de drogues dures et de résine de cannabis, dont 6 membres avaient été arrêtés, le 5 septembre, dans la région de Tamansourt, à Marrakech, en possession de 226 kilos de cocaïne, découverte dans un camion frigorifique chargé de poisson en provenance de la ville d’Agadir", révèle Akhbar Al Yaoum, dans son édition du jeudi 25 septembre. Selon une source sécuritaire, rapporte le quotidien, le cerveau marocain de ce trafic international aurait été arrêté à Tétouan en compagnie de deux autres complices, avant d’être transférés, mercredi matin, vers le siège de la préfecture de police de Marrakech, pour être entendus, sur ordre du parquet général, par la section anti-drogue relevant de la BNPJ. Fait dangereux, le baron marocain de ce réseau aurait été arrêté en possession d’un fusil de chasse, dévoilent les sources d’Akhbar Al Yaoum, en précisant, en rapport avec les deux complices, que l’un, originaire de la ville de Nador, serait l’alter ego du baron, alors que le second, serait le coordinateur du réseau dans la région du sud marocain.

Sur les traces de "l’Escobar" marocain

Quant au stratège de la succursale marocaine de ce réseau international, Al Ahdath Al Maghribiya, qui consacre son article de fond à cette affaire, évoque un certain "Ammi", âgé d’à peine la cinquantaine, mais dont le carnet de "commandes" s’étendrait de l’Amérique Latine à l’Europe, en passant par le Maroc. Un véritable réseau qu’il aurait tissé et dirigé à partir de Larache, sa ville natale. A ce propos, toujours d’après Al Ahdate, le dénommé "Amm"  aurait été conduit à Larache aussitôt après son arrestation. "Après une visite de prospection sur les lieux, il s’est avéré que le suspect numéro 1 du réseau possédait plusieurs exploitations agricoles", indique le quotidien, en expliquant que "sa présence à Tétouan était motivée par une tentative de desserrer la poigne sécuritaire et fuir hors du Maroc via la ville occupée de Sebta". Or, les services étaient déjà à ses trousses et ont réussi à le maîtriser avant de pouvoir prendre le large, relève Al Ahdate, en saluant ce retentissant coup de filet sécuritaire, réussi grâce à une coordination de très haut niveau entre les services de Marrakech, de Tétouan, ainsi que des services de la BNPJ.

Reconstitution d’un trafic hollywoodien

Le plan mis en place par le stratège "Ammi" pour écouler son poison est terriblement diabolique : un volet "trafic de cocaïne" en provenance d’Amérique Latine à destination de l’Europe, via le Maroc, et un volet "trafic de cannabis" acheminé à partir du nord du royaume vers les pays d’Amérique Latine. Un trafic aux enchevêtrements tricontinentaux, mais dont la règle est basée sur le principe du troc : "échanger du cannabis marocain contre de la cocaïne latino-américaine". Une règle d’or, qui aura permis à "Ammi" ainsi qu’à ses complices, du simple colporteur jusqu’à ses lieutenants, d’entasser des montagnes de fortunes. Il n’est qu’à méditer sur la valeur marchande de la prise de Marrakech pour mesurer l’ampleur stupéfiante de ce trafic : 226 millions de DH ! Un vrai désastre!