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Classes surpeuplées: les raisons de la colère

Par Rania Laabid le 28/09/2016 à 14h31

Classes surchargées, manque d'enseignants, inscriptions en hausse... La rentrée scolaire démarre sous haute tension cette année, mettant à rude épreuve les nerfs des parents d'élèves... et du ministère.

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Du jamais vu! Des classes de soixante élèves et bien plus pour cette rentrée scolaire dans les écoles publiques. Une situation inquiétante qui a mis en colère de nombreux parents et provoqué l’indignation d’acteurs associatifs.

 

Le lundi 26 septembre, des dizaines de parents d’élèves ont manifesté devant l'école Abou El Kassim Echabbi à Sbata à Casablanca pour protester contre le sureffectif des classes et l’absentéisme des enseignants, comme on peut le voir dans notre reportage ci-dessous. D’autres sit-on ont eu lieu devant des écoles depuis le début de la rentrée scolaire.


 

 

 

 

 

 

 

 


Baisse du nombre d’enseignants, hausse des inscriptions

Driss Bazzi, le président de la Fédération nationale des Associations des parents d’élèves impute le problème du sureffectif des classes au département de Belmokhtar. Selon lui, le problème s’accumule depuis plusieurs années à cause de la mauvaise gestion du ministere de l’Education nationale: «Ce phénomène est d’abord dû au manque de ressources humaines causé par un nombre élevé de départs à la retraite mais également à un manque d’infrastructures et à la migration de la population vers les zones urbaines».


En effet, selon les derniers chiffres de la rentrée scolaire 2016-2017, publiés mardi 27 septembre par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle, le nombre d'enseignants a accusé une baisse de 5,6% pour atteindre 210.367, contre 222.736 une année auparavant. Une baisse qui concerne aussi bien le primaire (-5,6%) que le secondaire collégial (-5,7%) et le secondaire qualifiant (-5,2%).

 

Si le nombre du corps enseignant accuse une baisse, celui des élèves, en revanche s'inscrit en hausse sensible. Près de 7 millions d'élèves sont inscrits au titre de l'année scolaire 2016-2017, un chiffre en accroissement de 3,3% par rapport à l'année précédente, selon les données du département de l'Education nationale.


Quelles solutions ?

Si de nombreux parents d’élèves n’ont pas manqué d’exprimer leur ras-le-bol face au phénomène du surpeuplement des classes et vont même jusqu’à réclamer une année blanche, le temps de trouver des solutions concrètes, le ministère a pour sa part indiqué qu’il allait déployer ''un effort très particulier en terme d’encadrement des professeurs et de moralisation de la vie scolaire, dans l’esprit de la vision stratégique de la réforme du secteur 2015-2030."


Parmi les mesures phares envisagées par le ministère, on signale "l’élargissement des projets pilotes engagés en 2016, particulièrement le programme des quatre premières années du primaire, ainsi que le renforcement du soutien scolaire et de l’apprentissage des langues". Le ministère évoque également une approche de redéploiement des enseignants et de rationalisation des cartes du système scolaire.

 

"Le problème n’est pas de dire des solutions", s’insurge Driss Bazzi. "Encore faut-il les appliquer! Les parents d’élèves envisagent d'autres voix pour exprimer leur indignation face à cette situation qualifiée de scandaleuse. Le département de Belmokhtar se doit d’agir vite et efficacement", conclut-il.

 

A noter que nous avons tenté de joindre Belmokhtar, sans succès.