Comment un pot-de-vin de 5.000 DH a fait tomber l’un des plus célèbres juges du Maroc

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Kiosque360. Un célèbre juge et président de chambre près la Cour d’appel de Rabat, a été arrêté, mercredi 24 mai, en flagrant délit de corruption. Les détails.

Le 26/05/2017 à 00h51

«Véritable séisme dans le corps de la justice». Ce sont les termes que le quotidien Al Massae a choisis pour qualifier, dans son édition de ce vendredi 26 mai, l’arrestation de Rachid Mechqaqa, le célèbre magistrat qui préside une chambre près la Cour d’appel de Rabat, pris en flagrant délit de corruption.

Al Massae rapporte que le juge, également président du Forum marocain des magistrats chercheurs, a été appréhendé lors d'une embuscade policière, devant la gare ferroviaire de Salé. Cette arrestation intervient suite à une plainte adressée par un justiciable au ministère de la Justice, accusant Rachid Mechqaqa d’avoir revendiqué un pot-de-vin de 10.000 DH pour réduire le montant d’une pension alimentaire. Informé de cette affaire, le procureur général du roi près la Cour d’appel de Rabat a donné le feu vert pour que les mesures nécessaires soient prises.

Selon le quotidien, qui cite une source bien informée, le juge aurait déjà perçu un acompte après des négociations visant à baisser la somme du pot-de-vin. Le reste du montant, à savoir 5.000 DH, dont les numéros de série des coupures ont été scannés, a servi pour le piéger quand il est venu au rendez-vous fixé avec le justiciable. Il a été arrêté en possession des billets lors de l’embuscade policière. Il a été auditionné par le procureur général du roi près la Cour d’appel de Rabat.

Le communiqué du ministère de la Justice souligne l’arrestation du magistrat en situation de flagrant délit. Le dossier du mis en cause sera déféré devant le procureur général du roi près la Cour de cassation qui va le soumettre à la chambre criminelle près la même juridiction.

Les détails de cette affaire sont également publiés dans les colonnes d’Al Akhbar qui précise que le magistrat tenait une chronique dans le quotidien Akhbar Al Yaoum et dans laquelle il donnait des leçons de déontologie à ses confrères.

Par Zineb El Ouilani
Le 26/05/2017 à 00h51