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Des restaurants interdits d’accès aux non-voyants

Par Hassan Benadad le 11/02/2019 à 21h35

Kiosque360. Les personnes en situation de handicap vivent un calvaire quotidien face à l’inaccessibilité aux transports, aux administrations et aux espaces publics. Pis encore, elles sont interdites d’accès à certains restaurants qui, à Casablanca, les traitent d’une façon humiliante.

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Les associations des personnes en situation de handicap ont enregistré, ces derniers temps, une augmentation des cas d’interdiction d’accès pour les handicapés à des restaurants et des hôtels à Casablanca. La dernière victime de cette discrimination est l’artiste Abdelfettah Nekkadi, qui a été interdit d’accéder à un restaurant de Casablanca. Un comportement qu’il considère comme un «mépris» et une ségrégation contre sa personne et, à travers lui, contre toutes les personnes en situation de handicap. Dans un entretien accordé au quotidien Assabah, Nekkadi s’est dit surpris quand des responsables d’un restaurant du centre ville l’ont empêché d’entrer pour des motifs fallacieux comme celui de ne pas pouvoir garantir sa sécurité. Un comportement qu’il considère comme une atteinte à la liberté des handicapés. Et Nekkadi d’ajouter: «Ce n’est pas le premier cas en l’espèce puisque d’autres restaurants n’acceptent pas les handicapés. Ces derniers vivent, quotidiennement, ce genre de discrimination et se retrouvent parfois dans des situations embarrassantes où on les prive de leur droit le plus élémentaire, dont celui d’aller prendre un repas dans un restaurant».

 

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mardi 12 février, que des dizaines d’artistes et de militants des droits de l’Homme se sont solidarisés avec Nekkadi. Ils dénoncent ce comportement discriminatoire contre une catégorie de citoyens dont le gouvernement ignore le plus élémentaire des droits, à commencer par l’aménagement de rampes d’accès. Ils appellent à boycotter les restaurants qui refusent d’accepter les non-voyants, à organiser des sit-in et à porter plainte auprès des autorités de tutelle. Ils affirment que «les personnes en situation de handicap affrontent des obstacles financiers, sociaux et culturels à cause de la prédominance de certains préjugés étroits sur leur capacité que ce soit dans les études, le transport ou l’habitat salubre. Cette discrimination s’est développée jusqu’à leur interdire l’accès aux espaces publics sans considération pour la dignité humaine et les droits élémentaires, comme le stipule la Constitution et les conventions internationales sur les droits des personnes en situation de handicap».

 

De son côté, le président de l’association Amal des handicapés, Youssef Arkhis, a, dans une déclaration à Assabah, indiqué qu’il disposait de dossiers de plusieurs adhérents qui avaient été interdits d’accès à des restaurants et des hôtels. Les propriétaires de ces établissements évoquent des motifs fallacieux et contournent la loi, le droit et la dignité humaine en allant jusqu’à affirmer qu’il n’y a pas de repas disponibles. Le même intervenant explique que des restaurants sont aujourd’hui connus par leur mépris envers les handicapés. Ces derniers sont acculés à garder le silence faute d’une institution pouvant les défendre et leur éviter «l’humiliation et un traitement inhumain». Arkhis poursuit en indiquant que plusieurs gérants de restaurants les ont informés qu’ils avaient reçu des ordres de leurs patrons pour ne pas les recevoir. Quand les personnes en situation de handicap protestent et insistent pour accéder au restaurant, elles sont repoussées par des videurs. On leur explique, ajoute Arkhis, que les patrons chassent les handicapés afin, disent-ils, de préserver «le décor» du restaurant. Le summum du cynisme.