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M. Lahcen Daoudi, Ministre de l'Enseignement Supérieur, de La Recherche Scientifique Et De La Formation Des Cadres.
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Fonction publique: Enseignement supérieur, Justice et Santé, ou le top 3 des hauts salaires

Par Mohammed Ould Boah le 08/02/2017 à 03h37

Kiosque360. Le mythe longtemps entretenu et selon lequel le ministère des Finances et de l’économie sert à ses cadres des salaires plus attrayants que le privé, est tombé à l’eau. Trois autres ministères lui volent désormais la vedette en matière de gros salaires au sein de la fonction publique.

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Le dernier rapport du ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, qui couvre la décennie 2007-2016, a apporté d’importantes données chiffrées sur l’évolution du secteur public marocain.

Le quotidien arabophone Assabah, daté du 8 février, s’est attardé sur la partie traitant des salaires des cadres de la fonction publique. Faisant un recoupement entre ce rapport et la loi de finances 2017, le journal rapporte que le salaire moyen dans le secteur de l’Enseignement supérieur culmine à 13.300 DH, suivi du département de la Justice avec une moyenne salariale de 10.900 DH.

Mieux, si professeurs, assistants, doyens et autres administrateurs des universités et écoles supérieures sont les fonctionnaires les mieux payés du royaume, leur enveloppe salariale ne représente que moins de 3% de toute la masse salariale de la fonction publique. Seul petit bémol, la parité a du retard à rattraper. En effet la gent féminine ne représente que 30% des cadres de l’Enseignement supérieur.

 

Le département de la Justice et des libertés est le deuxième secteur où on paye le mieux les fonctionnaires. D’ailleurs la masse salariale bouffe pas moins de 80% du budget général de ce ministère. Cela revient au fait, qu’en 10 ans, les salaires des greffiers et auxiliaires de justice ont augmenté de plus de 33%. Ainsi, le greffier qui touchait 4700 DH, en 2007, perçoit 7000 DH en 2016. Idem pour les juges dont la le salaire moyen est passé de 15.600 à 26.000 DH en l’espace d’une décennie. Ce qui les propulse dans le très select groupe des 3% des fonctionnaires qui touchent plus de 20.000 DH mensuels.

Paradoxal est le cas du 3e de la classe, à savoir le ministère de la Santé. En effet c’est le secteur qui connaît le plus de mouvements sociaux, ses cadres ne cessant d’exiger l’amélioration de leurs conditions matérielles. Pourtant la moyenne salariale au sein des professionnels de la santé est de 9.400 DH. Fait rarissime, ce secteur détient même la palme d’une parité déséquilibrée en faveur des… femmes. Elles représentent en effet 58% des médecins, infirmiers et autre personnel paramédical. Et, ce contrairement au ministère de l’Intérieur (4e ex-æquo avec les Finances) où les femmes fonctionnaires ne représentent que 12% de la masse salariale, contre 30% pour les Finances et l’économie.

Avec ses 583.000 fonctionnaires (860.000 en comptant les forces de l’ordre et de sécurité) et un salaire minimum fixé à 3000 DH, le Maroc est le pays maghrébin où il y a le plus faible taux de fonctionnaire par habitant. Avec 26 fonctionnaires pour 1000 habitants, il est loin derrière la Tunisie, dont la fonction publique ploie sous le poids de ses 816.000 fonctionnaires pour 11 millions d’habitants.

 

 

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