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dentiste en colère
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Les dentistes en rogne contre le ministre de la Santé

Par Amyne Asmlal le 10/08/2018 à 23h30

Kiosque360. Le torchon brûle à nouveau entre les dentistes et le ministère de la Santé. Les praticiens reprochent au ministère de tutelle, entre autres, de fermer l’œil sur la pratique illégale de la profession.

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Les tentions reprennent entre les médecins dentistes et le ministère de tutelle. D’après les praticiens dentaires, le ministère dirigé par Anas Doukkali (du PPS) fermerait l’œil sur des pratiques illégales qui nuisent à l’exercice de la profession, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son numéro du week-end des 11 et 12 août. Les dentistes exigent, ainsi, qu’un terme soit mis à l’exercice illégal de la profession, qui biaise, selon eux, les règles du jeu et pose un grave problème de santé publique.


En effet, et selon Abderrazak Loukili, président par intérim de la Fédération nationale des syndicats des médecins dentistes du secteur libéral au Maroc (FNSMDLM), cité par le journal, «l’exercice illégal de la profession nuit à la santé de nos citoyens et porte atteinte à l’image du pays». Pour ce responsable, alors que la médecine dentaire connaît aujourd’hui un véritable développement scientifique et technique, permettant d’offrir des prestations médicales de haut niveau, les pratiquants illégaux pullulent, sapant tous les efforts collectifs en matière de santé dentaire.


Le même responsable a également indiqué qu’une multitude de rapports de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent en garde contre le haut risque de transmission de maladies infectieuses par le biais de l’exercice illégal de la profession. C’est ainsi que «d’innombrables cas de complications sont reçus quotidiennement dans nos cabinets», avance Abderrazak Loukili cité par Al Akhbar.


En outre, ils seraient plus de 3.700 pratiquants illégaux, des mécaniciens dentistes et autres arracheurs de dents, répartis sur tout le Royaume, selon la FNSMDLM, citant des chiffres du ministère de l’Intérieur. A en croire les syndicats des médecins dentistes du secteur libéral, ce chiffre continue à croître d’une façon «inquiétante».


La prolifération de la pratique illégale de la médecine dentaire, explique le journal, est également directement liée à l’accroissement «non justifié et irréfléchi» des écoles de prothèses dentaires, qui forment, dans le cadre d’un cursus de deux ans, des techniciens dont le nombre «dépasse de très loin» les besoins des médecins dentistes et prothésistes.


Ces derniers, souligne le journal, qui «manquent cruellement de connaissances médicales et biologiques de base», se lancent dans des cabinets de prothésistes qui se transforment peu de temps après, en cabinets dentaires où ils pratiquent des interventions médicales qui sont, d’après la loi, du seul ressort du médecin dentiste titulaire d’un doctorat.


Pour sa part, le Conseil national de l’ordre national des médecins dentistes appelle les autorités publiques à intervenir «fermement et de manière décisive et sérieuse», afin d’éradiquer cette menace pour la santé. Le Conseil suggère, en ce sens, de prendre les mesures nécessaires afin de fermer définitivement les locaux destinés à cette pratique et engager les poursuites judiciaires contre les contrevenants.