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L’intérieur procède au retrait des permis de port d’armes

Par Amyne Asmlal le 13/03/2019 à 21h37

Kiosque360. Le ministère de l’Intérieur vient de mettre en place des conditions draconiennes que tout amateur de chasse et demandeur d'un permis de port d’armes doit pouvoir satisfaire. L’une de ces conditions est l’obligation de se soumettre à des examens de santé réguliers.

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Mobilisation totale au ministère de l’Intérieur après l’incident mortel survenu récemment à Guelmim. Ainsi, rapporte le quotidien Assabah dans sa livraison du jeudi 14 mars, l’octroi des permis de port d’armes pour les amateurs de chasse ne sera plus aussi facile qu’avant. Une procédure sévère sera mise en place, visant notamment à s’assurer de la santé mentale des demandeurs, leur situation sociale et leurs revenus.

 

Concrètement, après cet incident dans lequel a été impliqué un ancien MRE qui a pu se faire délivrer un permis de port d’armes par les autorités sans que ces dernières ne se soient enquises de sa santé mentale, le ministère de l’Intérieur a décidé de mettre de l’ordre dans le domaine.

Ainsi, le ministère procédera à la révision de toute la procédure suivie pour délivrer ces documents. Le porteur doit désormais passer des examens de santé périodiques.

De même, l’instruction des dossiers de demande ou de renouvellement de permis sera suspendue le temps que les demandeurs soient soumis à une enquête approfondie menée par les autorités compétentes. Le ministère a d’ailleurs adressé une circulaire, en ce sens, aux responsables des services des affaires intérieures dans toutes les provinces et préfectures, les enjoignant de surseoir à l’examen de ces dossiers.

 

L’enquête en question, poursuit le journal, portera notamment sur l’état de santé du demandeur, ses orientations religieuses et politiques, ses activités professionnelles et l’origine de ses biens. Les chasseurs doivent obligatoirement être membres d’une association légalement reconnue, elle-même affiliée à la Fédération royale marocaine de chasse. Ils doivent aussi s’engager par écrit à suivre toutes les précautions requises pour mettre leurs armes hors de portée d’autrui.

 

Pour la première fois, souligne le journal, le dossier de demande de permis doit être complété par un avis des autorités compétentes qui auront auparavant mené des investigations notamment sur la conduite du demandeur, ses revenus et son appartenance politiques et religieuse. Cette nouvelle procédure rompe avec l’ancien procédé selon lequel c’était le «moqaddam» qui se chargeait de mener cette enquête avec, note le journal, ce que cela suppose comme risque de népotisme en raison notamment de l’appartenance familiale ou tribale du demandeur.

 

Par ailleurs, d’après Assabah, les services des affaires intérieurs, dans différentes provinces et préfectures, ont été informés par les associations de chasse de l’existence de nombreux cas d’infractions à caractère très grave. C’est ainsi, poursuit le journal, que des personnes ayant fait l’objet de sanctions par les services des Eaux et forêts, pour infraction à la loi ou pour braconnage, se sont vues renouveler facilement leurs permis. D’autres ont pu également renouveler ce document sans que les autorités aient pu s’assurer de leur situation matérielle par des moyens fiables comme le certificat de propriété, l’attestation de salaire ou le registre de commerce. Dans ces cas, seule une appréciation du moqaddam est retenue comme justificatif.

 

En outre, en plus des conditions précitées, les associations de chasse appellent également les autorités à ne pas délivrer de permis de port d’armes aux personnes qui ont un proche connu pour ses orientations religieuses extrémistes, de peur qu’il ne s’en serve dans un acte terroriste.