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Nouveau bras de fer entre le ministère et les professionnels de la Santé

Par Mohamed Younsi le 05/12/2018 à 21h16

Kiosque360. Le secteur de la santé publique achèvera l’année 2018 dans le rouge. En effet, les mouvements de colère des médecins et les débrayages des infirmiers se succèdent en ce mois de décembre, paralysant le secteur. Les causes de cette montée de fièvre.

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Les médecins du secteur public sont en colère. Ils viennent de le faire savoir par leur décision de suspendre toutes les opérations chirurgicales durant les journées du 28 et du 31 décembre. De même, aucune consultation ne sera effectuée durant la période du 10 au 14 décembre et aucun certificat médical ne sera délivré pour les candidats des permis de conduire et autres, sauf en cas d'invalidité soumise à un traitement médical.

 

Selon le quotidien Al Massae, qui rapporte cette information dans son édition de ce jeudi 6 décembre, la colère des médecins et celle des infirmiers se succèdent. Ainsi, ces derniers viennent d’annoncer qu’ils débraieront les 11, 12 et 13 décembre dans tous les centres hospitaliers universitaires (CHU), les hôpitaux régionaux et les centres de santé des différentes régions du pays. Cette grève de 72 heures sera marquée par un sit-in de vingt-quatre heures devant les structures sanitaires. Autant dire que la fièvre est montée dans toutes les structures du ministère de la Santé.

 

Les médecins protestent contre les conditions lamentables dans lesquelles ils exercent. A ce propos, ils déplorent un manque de moyens, d’équipements et de matériels de stérilisation pour les blocs opératoires. Dans une déclaration au quotidien, le Dr El Mountadar Alaoui, président du syndicat autonome des médecins du secteur public, précise que les professionnels demandent «l’amélioration des conditions de travail, notamment le respect des normes scientifiques et médicales pour le déroulement des opérations chirurgicales». Et de souligner que «si les médecins exigeaient des normes professionnelles aux blocs opératoires, aucune opération chirurgicale ne serait effectuée dans les hôpitaux publics». Ce qui est grave.

Toutefois, estiment les sources du quotidien, les médecins auraient exhibé cette arme relative aux conditions de travail pour exercer des pressions sur le ministère qui avait effectué des ponctions sur leur salaire du mois de novembre.

 

Quoi qu’il en soit, le secteur ne serait pas en bonne santé. S’agissant des revendications des infirmiers, le quotidien fait savoir que cette nouvelle escalade est une réaction à la sourde oreille du ministère de la Santé. D’ailleurs, cette catégorie professionnelle, qui avait débrayé quarante-huit heures les 27 et 28 novembre, avait annoncé qu’elle recourrait à d’autres formes de protestation au cas où son cahier revendicatif demeurait sans examen. Aujourd’hui, tous les porteurs de blouses, médecins et infirmiers, manifestent et protestent. Où va le secteur?