Sebta occupée: La «hogra» des flics espagnols

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Revue de presseKiosque360. Les gens qui pratiquent la contrebande vivrière entre le préside occupé de Sebta et le Maroc vivent un double enfer. Celui de la vie quotidienne et celui de la police espagnole.

Le 15/12/2014 à 22h02

Les histoires se suivent, mais ne se ressemblent pas. Beaucoup de Marocains ont péri sous la torture des agents de sûreté espagnols dans les geôles ou dans la rue. Al Massae a consacré une page, dans son édition du 16 décembre, aux abus et à la Hogra dont pâtissent les nationaux dans cette ville occupée depuis des siècles par l’Espagne. La photo, parlante, reflète les maltraitances dont sont victimes les Moros, comme les appellent les Espagnols, et ne souffre nullement d’être légendée. Les gens de la ville de Tétouan, qui ont juste besoin d’une carte nationale pour entrer à Sebta, souffrent de violences verbales, physiques et morales.

Gâchette facileAl Massae a énuméré plusieurs cas d’abus, voire de meurtres commis par les policiers espagnols et a dénoncé l’attitude complaisante de la justice en Espagne vis-à-vis des tortionnaires et des meurtriers. Jeudi dernier, Issam Hiddour, a été passé à tabac par la police, à Sebta. Avec un nez cassé, les nerfs d’un œil endommagés, il doit encore rester à l’hôpital pour être soigné. Issam, comme des milliers d’autres gens du Nord, pratique la contrebande vivrière. Issam Hiddour aura eu plus de chances que d’autres Marocains qui sont morts criblés de balles, tués par la Garde civile ou la police espagnoles. Belal Arjaz, issu de la ville de Fnideq, est ainsi mort après avoir reçu six balles dans le corps tirées par la Garde civile, le 17 mai 2008. Sa famille, qui a porté plainte, a été surprise de voir le Parquet espagnol retirer sa plainte pour meurtre contre le policier coupable de cette agression. Les autorités espagnoles, trois ans après le début de la procédure, ont essayé d’étouffer l’affaire.

Incrédulité des ONG espagnolesCette attitude révulse au plus haut point les défenseurs des droits de l’Homme, en Espagne, qui se demandent comment ce genre d’affaires peut ne pas avoir de suites. Aujourd’hui, femmes, enfants et hommes sont les victimes quotidiennes et les souffre-douleurs des douaniers et de la police espagnols. Du côté de la frontière marocaine, certaines exactions sont également constatées. Le 6 septembre 2013, des milliers d’habitants de Tétouan ont accompagné le cortège funéraire d’Abderrahmane Cheikh, qui s’est immolé près du poste-frontière de Bab Sebta pour protester contre les abus des douaniers. Le cortège s’est transformé en manifestation pour dénoncer les maltraitances et les abus commis de part et d’autre de la frontière.Au moment où seulement 2% de notre territoire produit 75% des richesses, il serait temps de donner à la régionalisation une portée économique réelle apte à tordre le coup aux inégalités criardes entre les régions. Si les jeunes de Tétouan avaient un emploi, ils n’iraient pas à Sebta souffrir le martyr.

Par Amine Haddadi
Le 15/12/2014 à 22h02