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Transport urbain: les Casablancais vivent un enfer au quotidien

Par Samir Hilmi le 07/11/2018 à 22h14

Kiosque360. Les Casablancais vivent un calvaire quotidien pour rejoindre leur lieu de travail. Le problème est aggravé par la démographie galopante, la vétusté des bus, les sautes d’humeur des chauffeurs de taxi et les perturbations répétitives du tramway.

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Les problèmes du transport urbain dans la capitale économique prennent de plus en plus d'ampleur, comme ils prennent en otages des milliers d’usagers. Les bus, les petits et grands taxis et le tramway ont montré leurs limites, tant au niveau quantitatif que qualitatif, face à l’afflux de passagers. Les Casablancais ne se heurtent pas seulement à l’insuffisance des moyens des transports, mais aussi à l'inconfort, au danger et aux sautes d’humeur des conducteurs. Le transport par bus, en particulier, est devenu un calvaire quotidien vu la vétusté des véhicules qui, de plus, roulent à tombeau ouvert. D’ailleurs, les accidents qu’ils provoquent ne se comptent plus, comme ne se comptent plus les morts et les blessés. Pis encore, ce moyen de transport est devenu un espace fermé à risques avec la multiplication des agressions, des vols et des attaques à l’arme blanche.

 

Le quotidien Al Massae rapporte, dans son édition du jeudi 8 novembre, que le nombre des bus mis en circulation demeure inversement proportionnel à la démographie galopante de la ville. Ainsi, la fréquence des navettes se réduit de plus en plus, et certains quartiers ne sont mêmes plus desservis. Les habitants qui ont les moyens de recourir aux taxis ne sont pas mieux lotis. Ils sont acculés à espérer dans l’obscurité du petit matin, dans une longue et interminable file d’attente, que des taxis veuillent bien les prendre. Cela peut durer des heures, quand on sait que la plupart des chauffeurs de taxi refusent des clients pour des trajets où la circulation est supposée être dense. Pendant les heures de pointe, ce sont les conducteurs qui imposent leur choix en optant pour des destinations plus fluides. Devant cette situation inextricable, les citoyens sont obligés de prendre deux moyens de locomotion pour arriver à l'heure sur leur lieu de travail, quitte à débourser deux fois plus.

 

Autant dire que, loin de se résoudre, le problème du transport urbain est devenu endémique. Certes, les responsables de la ville ont établi des schémas pour rendre la circulation plus fluide, mais les résultats n’ont pas suivi. En 2007, ils ont élaboré un projet de réseau de transport urbain de 157 km qui, à l’horizon 2020, devrait déboucher sur une ligne de métro, 4 lignes de tramway et une ligne de transport rapide. Pour l'instant, rien n'a été réalisé à part la première ligne de tramway qui ne peut, à elle seule, contenir le flux quotidien des passagers qui se comptent par milliers. D’ailleurs, la construction de la deuxième ligne n’a fait qu’empirer les choses avec des travaux interminables qui rendent la circulation de plus en intenable. A un calvaire, les responsables en ont donc ajouté un nouveau, sans se soucier de ce qu’endurent les habitants. «C’est comme si les élus et les autorités locales trouvaient un malin plaisir à punir les habitants de la ville noire».

 

Les habitants ont d'abord poussé un ouf de soulagement quand la première ligne du tramway a été mise en circulation, avant de déchanter car, à l’instar des autres moyens de transport, le tramway connaîtra vite des perturbations dues à des pannes, des accidents et autres aléas. Las d’être en retard, les usagers finiront par se rabattre sur le transport clandestin, prenant ainsi tous les risques.


Face à ces multiples échecs, les responsables de la gestion de transport de Casablanca ont opté, encore une fois, pour un schéma de grande envergure. Ainsi, la société Casa Transports Maroc a signé une convention avec l’Agence française de développement. Il s’agit de concevoir, à Casablanca, un plan de déplacements urbains "sobre en carbone". L’exploitation et l’entretien de ce réseau devraient s’étaler de 2017 à 2029 et ont nécessité un budget de 4,7 milliards de dirhams. Cet accord, dit-on, devrait faire de la métropole un modèle en Afrique en matière de déplacements urbains. En attendant la réalisation de ce énième projet, les Casablancais ne peuvent compter que sur le transport clandestin.