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P’tit-pont: Souvenirs, souvenirs...

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Dans un mois démarre la Coupe du Monde de football. Un immense moment de bonheur pour joueurs et supporters. Avant 2018, le Maroc a participé quatre fois au Mondial (70, 86,94 et 98). Des moments forts en émotions. Flash-back.
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La participation de l’équipe nationale à une Coupe du Monde est toujours un moment saisissant, émouvant et passionnant. Depuis vingt ans, on attendait une qualification marocaine au Mondial. C’est chose faite! 

La première participation du Maroc à un mondial remonte à 1970. J’avais à peine 15 ans. Les plus heureux parmi nous ont vécu l’événement via un téléviseur noir et blanc alors que d’autres ont suivi l’aventure mexicaine des Lions de l’Atlas, à travers la radio. À l'époque, les téléviseurs se comptaient sur le bout des doigts dans le quartier.

Les yeux rivés sur l’écran, nos cœurs battaient fort au moment du coup d'envoi de la première rencontre contre les Allemands de Beckenbauer, Seller, Muller… Lorsque le Rajaoui Houmane mit le ballon au fond des filets adverses, personne n'en croyait ses yeux. On criait, on hurlait, on pleurait, on riait, on remerciait Dieu...

Dommage, il n'y avait pas de ralenti pour re-savourer le moment, revivre l’instant et revoir Ghazouani et son pied gauche en or, centrer ce ballon qu' Houmane exploite idéalement. Malgré la courte défaite des Lions à Léon, on était confiants.  

Au final ce fut une déception! Si la défaite contre le Pérou calma nos ardeurs, le nul contre la Bulgarie fut une maigre consolation. Mais nous étions quand même fiers du Maroc, présent parmi les meilleures nations de football. À l'époque le Mondial ne se disputait qu'à 16 et pas 32 comme aujourd'hui. Surtout, il n'y avait qu'un qualifié issu du continent africain. 

En 1986, le Mexique allait encore porter bonheur aux Lions de l'Atlas pour leur seconde participation à une Coupe du Monde. Une nouvelle génération de footballeurs issue pour la plupart du championnat national, avait pris les rênnes de la sélection. Pour la première fois un pays africain allait passer au 2e tour du plus beau tournoi du monde.
 

Après deux nuls contre l’Angleterre et la Pologne, les hommes de Faria remportaient leur 1er match dans un Mondial face aux Portugais. Victoire 3 buts à 1 et première place du groupe. On avait grandi et le foot avait évolué mais l’émotion était plus intense, le bonheur et l’espoir plus grands.

Mômes, adolescents, adultes, hommes et femmes étaient descendus dans les rues pour célébrer la prouesse des Timoumi, Zaki, Bouderbala, Krimau et Khairi. Certes au deuxième tour, le Maroc s'inclinera devant l'Allemagne sur un coup franc dans les dernières minutes du match, mais notre satisfaction était immense. On sentait que le football marocain s’était fait une place sur la planète foot. Désormais, les Lions de l’Atlas étaient respectés, ils étaient prêts à défier n'importe quelle équipe. 
 
Huit ans plus tard, en 1994, l’équipe nationale marocaine a fait un passage très modeste au Mondial américain, avec trois défaites au premier tour contre l’Arabie Saoudite, la Belgique et les Pays-Bas. Pour les inconditionnels des Lions de l’Atlas, l'heure est à la désillusion.

Puis arrive 1998. Le Maroc va vivre des émotions plus fortes, plus intenses. Un mélange de sentiments où se mêlent joie, effondrement, colère, et larmes. "L’arrangement" entre le Brésil et la Norvège pour faire sortir les protégés d'Henri Michel de la compétition allait anéantir l’espoir de tous les Marocains de pouvoir rééditer l’exploit de 1986. C'est aussi cela la Coupe du Monde, des petits arrangements entre amis qui se font au détriment des "petits". 

Un triste souvenir qui n'enlève rien à la fierté d'avoir participié dignement. Il y avait des larmes sur le terrain, dans les gradins et devant la télévision. On a toujours en mémoire, aujourd'hui, les images montrant le coach français consoler ses joueurs en pleurs. L’une des pages les plus sombres de l’histoire du Mondial signée par la Seleçao et les Vikings norvégiens. La FIFA n'en parlera jamais dans sa rubrique réservée à l'histoire de la Coupe du Monde.

20 ans plus tard, revoilà le Maroc. 20 ans c'est le plus bel âge dit-on. Alors, jeunes Marocains d’ici et d’ailleurs, vous qui n’avez jamais vécu l’enthousiasme d’une Coupe du Monde, vous qui serez à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Kaliningrad ou devant la télé, à la radio, sur internet, où que vous soyez, sachez qu’une participation au Mondial est un événement chargé d’émotions, de fierté et d'ambitions, qui marquera votre vie pour toujours.

C'est un de ces moments où la nation toute entière se rassemble pour soutenir son équipe, vibrer et souffrir avec elle. C'est la plus belle aventure collective et sportive qu'il vous sera donné de vivre. Un moment d'exception que vous n'oublierez jamais. Alors profitez-en au maximum.

 

Par Kamal Mountassir
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