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Ethiopie: un gouvernement d'ouverture a minima pour les Oromos

Publié le 02/11/2016 à 19h44 Par Mar Bassine

Hailemariam Desalegn un gouvernement d'ouverture a minima pour les Oromos
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#Politique

#Autres pays Desalegn, le Premier ministre éthiopien, a esquivé une petite ouverture pour l'une des deux ethnies majoritaires du pays, pourtant exclues des affaires. Quelques maroquins sont entre les mains de ministres Oromo. Mais, en réalité, il s'agit de personnes déjà issues de la coalition au pouvoir.


Kiosque Le360 Afrique. Hailemariam Desalegn, le Premier ministre éthiopien, annonce les premiers signes d’ouverture, rapporte Quartz Africa. Il vient d’apporter des changements majeurs dans son cabinet en nommant 21 nouveaux ministres. Parmi les nouvelles nominations, il y a le nouveau ministre de la Communication qui est d’origine Oromo, Negeri Lencho, jusqu’ici professeur en journalisme à l’université d’Addis Ababa.

Ces changements s’expliquent par la volonté de mieux associer aux affaires l’ethnie Oromo qui s’est lancée dans un large mouvement de protestation contre sa marginalisation et son exclusion des principaux centres de prises de décision économique et politique du pays. La contestation dure depuis un an pratiquement, mais elle s’était intensifiée depuis juin. Les autorités n’ont pas hésité à les réprimer dans le sang, faisant à chaque fois plusieurs morts. Actuellement, l’état d’urgence est décrété depuis le mois dernier, ce qui réduit au silence les médias traditionnels. Le moindre post sur Facebook peut également être considéré comme un crime et expose son auteur à des poursuites.

Negeri qui a eu à dire tantôt qu’une "société non informée, c'est mieux qu’une mal-informée", est désormais le porte-parole du gouvernement tout en dirigeants les organes de presse gouvernementaux. "Le public fait face à plusieurs défis. Il faut qu’il y ait un changement", a affirmé Negeri après sa nomination. L’homme s’est toujours montré très critique vis-à-vis des médias publics. "Ils sont totalement paralysés et servent uniquement de porte-voix au gouvernement". Cette phrase fait partie des nombreuses critiques à l’égard de la presse publique.

L’unique télévision éthiopienne est entre les mains du gouvernement, de même que l’écrasante majorité des radios locales et des journaux. Avec l’état d’urgence, les Ethiopiens sont privés des médias étrangers comme la radio Voice Of America ou la Deutsche Welle.

Les Oromos, de même que la seconde ethnie la plus nombreuse du pays, les Amharas, s’insurgent contre la domination du gouvernement par les Tigrays qui ne représentent en tout et pour tout que 7,5% de la population. Ce sont ces derniers qui ont renversé le gouvernement de 1991 qui était justement dominé par les Amhara. Negeri et un autre ministre Oromo, Workneh Gebeyehu, remplacent des ministres Tigrays. Workneh, ex-directeur de la police, prend un ministère de rang régalien en étant à la tête des Affaires étrangères. C’est la première fois qu’une personne autre qu’un Tigray prend ce poste depuis 1991.

Ces nominations n’impressionnent pas les manifestants. Negeri et Workneh ne donnent guère l’impression d’une volonté de réel changement du gouvernement. Car Negeri n’est rien d’autre qu’un membre du parti oromo membre de la coalition au pouvoir, l’OPDO, et reste fidèle au régime.

Workneh, ancien directeur de la police, est vu comme quelqu’un de très proche de l’establishment Tigray, selon Maplecroft, un cabinet conseil en risque pays.

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