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Côte d’Ivoire. Sextorsion: Deux individus faisaient chanter un député canadien

Mise à jour le 22/01/2019 à 15h02 Publié le 22/01/2019 à 14h57 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

Côte d’Ivoire. Sextorsion: deux individus faisaient chanter un député canadien
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#Société

#Côte d’ivoire La cybercriminalité en Côte d’Ivoire fait encore parler d’elle en dehors de ses frontières. Cette fois, deux jeunes gens ont tenté de soutirer 50 000 euros, soit près de 33 millions FCFA, à un homme politique canadien dans une sextorsion, une affaire à caractère sexuel.


Cette affaire, ébruitée par la presse canadienne, fait actuellement scandale, autour d'une pratique banale de cybercriminels qui appâtent leurs victimes sur le net: le chantage sexuel ou «sextorsion».

Selon la presse canadienne, Tony Clément,  57 ans, député fédéral de Parry Sound –Muskoka, dans la province de l’Ontario, a reçu sur le net des invitations d’une certaine Brianna Dounia, qui se faisait passer pour une sulfureuse Française, une femme blanche en quête d’un amoureux. S’ensuivra une relation virtuelle laquelle, comme le veut généralement la pratique, finie par mener à des échanges de photos et de vidéos à caractère sexuel.


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Mais Brianna Dounia était, en fait, un faux profil derrière lequel se cachaient deux jeunes hommes basés en Côte d’Ivoire. Ces derniers ont d'ailleurs réussi à appâter une autre personne, un Français, avec le même faux profil.

Le piège va se refermer sur les victimes peu de temps après. Tony Clément, tout comme l’autre victime française, se verront sous le coup d'un chantage, pressés de débourser respectivement 50 000 euros et 300 000 euros, s’ils ne veulaient pas voir leurs photos érotiques inonder Internet.

Tony Clément a choisi de s’exposer publiquement et de s'en remettre à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en novembre dernier, à laquelle il a demandé «d'ouvrir une enquête après avoir admis qu'il avait envoyé des images sexuellement explicites à «une femme consentante», avant de découvrir qu'il s'agissait d'un faux compte utilisé par des «étrangers» qui lui réclamaient maintenant 50 000 euros», détaille le site Lapresse.ca, dans un article publié hier, lundi 21 janvier 2019. 


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L'enquête conduira à un numéro de téléphone français, lequel est lié à un autre numéro ivoirien. Les enquêteurs canadiens démontrent par ailleurs que les conversations partaient de Côte d’Ivoire.

La Police scientifique ivoirienne, via sa section spécialisée, la DITT (direction de l’informatique et des traces technologiques) a été contactée et a pris le relais de l'enquête jusqu’à l’arrestation des deux cyber-délinquants.

Sur son site d’information, la police scientifique ivoirienne explique que des images et des vidéos liées à cette affaire ont été retrouvées auprès de l’un des deux suspects, qui a reconnu les faits. L'autre suspect venait quant à lui de purger une peine d'un an et demi de prison ferme pour une affaire similaire.


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Présentés devant le parquet d’Abidjan, les suspects devront répondre de leurs actes devant la justice ivoirienne.

Quant à l’homme politique canadien, marié à une avocate et père de deux enfants, habitué au flirt sur Internet, selon la presse canadienne, il a dû démissionner de son poste de porte-parole du Parti conservateur canadien. Tony Clément a tout de même conservé son mandat de député, mais sa réputation est entachée à jamais. 


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